Fabienne Grebert

Fabienne Grebert

Laurent Wauquiez sous haute tension: notre opposition commence à lui donner du fil à retordre

Dénoncer les modifications de délibérations après leur vote, poser des questions qui fâchent lors des Assemblées Plénières, réclamer des comptes sur les sommes croissantes d’argent versés aux Chasseurs, voilà de quoi énerver notre président de Région qui a décidé de faire pression sur le Rassemblement Citoyen Ecologiste et Solidaire. C’est mal connaître les 9 membres de notre groupe politique, qui ne sont pas prêts à se laisser dicter le ton du débat par Laurent Wauquiez.

 

J’avais proposé il y a quelques semaines de porter une question orale intitulée « Renouer le Lien » , lors de l’Assemblée de la semaine dernière. Alertés depuis le début du mandat par des élu-es de tout bord, des responsables associatifs et de manière générale tous ceux qui de prêt ou de loin sont en lien avec la Région, pour des demandes de subventions, d’informations ou le montage de dossiers de financement, nous souhaitions obtenir une réponse du Président sur les mesures qu’il comptait prendre pour retisser du lien entre l’administration, les élus et les auralpins.

 

 

Le constat est affligeant ; une déconnexion de l’Institution vis à vis de ses administrés, des personnels en souffrance, dont l’exécutif ne semble pas vouloir s’inquiéter. La non-réponse de Lurent Wauquiez, qui se pose en victime de mes accusations, l’est tout autant et n’est pas digne d’un homme qui brigue un destin national.

Alors, nous allons refaire partir un courrier au cabinet du Président, en demandant une réponse officielle à la question posée dans cet extrait video.

 

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Extrait de la délibération sur le plan Chasse votée le 29 mars à la Région

 

Mais la dégradation de nos relations ne se limite pas à ce simple fait. Je vous avais fait part dans un récent Post Facebook du nouveau Plan Chasse dévoilé par Philippe Meunier ; au delà du parfum de clientélisme vraiment  trop prégnant, de sérieux doutes pèsent sur la légalité d’une telle délibération ; surtout quand on propose de financer des améliorations de locaux de chasse moins d’un an après leur inauguration comme en atteste le communiqué ci-dessous.

 

https://www.chasseurs74.fr/actualites/inauguration-de-la-maison-de-la-chasse-de-l-acca-de-st-jorioz

 

 

Et des cas comme ça, j'en ai recensé près d'une dizaine dans le pan chasse voté la semaine dernière. Les locaux de chasse seront bientôt entièrement équipés pour les venaisons de sanglier. Quel rapport avec la sauvegarde de la biodiversité et de l’environnement ? On se le demande. Et ce n’est qu’un début.  Philippe Meunier est en train de préparer un nouveau plan chasse pour la deuxième partie de mandat ; voilà des électeurs  qui seront bien dociles pour les prochaines présidentielles.

 

 De notre côté, nous essayons de faire de notre mieux pour être à la hauteur du mandat que nous ont confié les électeurs-rices :  être force de proposition sur les dossiers présentés à l’Assemblée, dénoncer l’inadmissible, le clientélisme, voire l’illégalité. C’est le parti pris que nous avions en alertant sur l’amendement bio dans les cantines réécrit en catimini pour en limiter la portée.  Laurent Wauquiez ne l’entend pas de cette oreille et avait convoqué Monique Cosson, notre Présidente de Groupe le jour de l’Assemblée Plénière pour lui signifier son mécontentement, nous accusant d’avoir franchi la ligne rouge, nous menaçant d’un procès pour diffamation et ayant trahi sa confiance. Bref,  il ne fait pas bon contrarier le maître de ces lieux. Peu importe, si les tentations sont grandes de bafouer la démocratie depuis le début du mandat, nous n’avons pas l’intention de renier notre droit d’expression, juste de porter la voix des victimes des Wauquiezeries que nous ne cessons de dénoncer chaque semaine.


06/04/2018
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Politique Régionale en matière d’Energie : on continue avec les énergies carbonnées!

 

 

La semaine dernière à la Région, l’exécutif régional avait dédié une commission spéciale environnement  au thème de l’énergie. Nous ne pouvons que louer l’initiative du Vice Président à l’Environnement Eric Fournier qui rompt avec les habitudes de Laurent Wauquiez plus habitué à bâcler le dialogue démocratique au sein de l’institution.

Mais les ambitions régionales sont encore difficiles à clarifier et rien ne semble remettre en question une politique économique basée sur la croissance,  qui fait la part belle aux énergies fossiles.

 

 

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Un état des lieux qui reflète un engagement très mitigé en matière de politique énergétique 

Le scénario Negawatt a fait son œuvre. C’est autour des trois piliers de la démarche de l’Association créée en 2001 que la Région décrit sa politique énergétique. Face à un accroissement de la demande liée à l’évolution positive de la population et à la croissance économique, pas d’autres choix que de réduire nos consommations, améliorer l’efficacité de nos équipements et produire des énergies renouvelables. S’appuyant notamment sur des outils mis en place lors de la dernière mandature comme la SPL OSER, dédiée à la réalisation de projets de rénovations énergétiques, la Région accompagne ce type de projets aussi bien pour le patrimoine public que pour les acteurs privés avec le développement de plateformes de rénovation énergétique et le soutien des territoires TEPOS qui couvrent 43% de la population auralpine. Si ces territoires ambitionnent un 100% des énergies renouvelables en 2050, la Région s’abstiendra pour ce type d’ambition . Dans le SRADDET (Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires) qui doit être approuvé d’ici 2019, on doit a minima  rappeler les ambitions affichées dans les précédents Schémas Régionaux Climat Air Energie en matière de productions d’énergies renouvelables : - 23% d’énergies renouvelables en 2020 en Rhône-Alpes et 30% en Auvergne. La réalité s’annonce bien en deçà des ambitions.

 

Si Laurent Wauquiez utilise l’hydrogène comme un levier d’innovation, porteur de création de valeur économique, la commission environnement n’en a pas fait mention dans cette commission. Les leviers d’action pour décarbonner nos économies sont ailleurs. 33% des émissions de gaz à effet sont liées au transport routier. Les projets autoroutiers, le financement au développement des infrastructures routières  en Région ne vont pas arranger ce bilan. Autre absent des politiques régionales en matière d’énergie : l’agriculture qui représente tout de même 18% des GES (gaz à effet de serre). La politique  de la Région qui vise à développer un modèle d’agriculture exportatrice au service de l’industrie agro-alimentaire entretient pourtant un modèle discutable, très loin du scénario Afterres qui rééquilibre à la fois notre modèle alimentaire, limite les intrants issus de la chimie et généralise un modèle agricole respectueux des écosystèmes.  On nous avait promis de la transversalité dans les politiques régionales en matière d’environnement, on attendra encore.

 

Les perspectives à horizon 2030

Le développement de la production d’énergie renouvelable semble essentiellement liée à la biomasse ; tout d’abord au développement de la méthanisation avec une ambition de 75 nouveaux méthaniseurs chaque année d’ici 2030.  Mais comment atteindre cet objectif ? En théorie, on utilise les matières organiques liées aux déchets agricoles, aux industries, aux déchets ménagers et aux boues urbaines liées aux stations d’épuration. Mais les équipements coûtent cher et les agriculteurs peinent à s’endetter pour des équipements qui nécessitent des compétences en matière d'énergie, complémentaires aux leurs.  Là encore l’ADEME recommande de procéder à l’étude des gisements organiques du territoire et insiste sur la nécessaire prévention des déchets. N’aurait-on pas meilleur compte de pousser à la collecte sélective de déchets en vue de compostage, propice à la restauration des sols ? Quel sera l’avenir des méthaniseurs si notre modèle alimentaire continue à s’orienter sur un régime alimentaire moins carné ? Les agriculteurs ne risquent-ils pas de faire les frais d’investissement dont la rentabilité à long terme est incertaine.

Quant à production directe à partir de combustion de bois-énergie, nous verrons lors de la prochaine Assemblée plénière si le Schéma Régionale est en phase avec les ambitions nationales et si il n’y aurait pas mieux à faire que de considérer le bois comme la première ressource pour la production d’énergie.

Pas un mot sur le développement de l’éolien, pas un mot non plus sur le développement du photovoltaique dont la production ne dépasse guère 2% du mix énergétique en Région.

En Auvergne Rhône-Alpes, on n’a pas encore décidé de faire le deuil des énergies fossiles ; si les accords de Paris prévoient d’en laisser 80% dans le sol à horizon 2050 ; la Région Auvergne Rhône-Alpes ne semble pas avoir ratifié un tel engagement.  A quoi bon continuer à faire l'Autruche, alors que les catastrophes climatiques semblent toucher de plus en plus de monde, y compris en France, alors que nos approvisionnements en matières fossiles dépendent des plus grands dictateurs de la planète et que le coût de l'énergie affaiblit le pouvoir d'achats d'un nombre croissant de nos concitoyens? Nous espérons que des réponses nous seront données lors de la prochaine Assemblée Régionale le 29 mars .... On peut toujours rêver. 

 

 

Pour en savoir plus sur les politiques citées dans cet articles 

Pour Afterres: http://afterres2050.solagro.org/a-propos/le-projet-afterres-2050/

Pour Negawatt : https://negawatt.org/

Pour Tepos : http://www.territoires-energie-positive.fr/


06/03/2018
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SITUATION UBUESQUE AU LYCEE FRISON ROCHE A CHAMONIX

 

 

Ce sont aussi les joies  d’un-e conseiller-ère régional-e : les représentations dans des organismes extérieurs. Chaque conseil d’administration de lycée est composé de deux conseiller-ères régionaux-les . Ils – elles participent aux décisions qui engagent le fonctionnement de l’établissement. A Chamonix, ce sont Martial Saddier et Eric Fournier qui ont été désignés pour siéger au Conseil d’Administration du Lycée Frison-Roche, mais ils brillent par leur absence. Ce sont les suppléant-es qui s’y collent, en l’occurrence votre humble serviteuse. Il y aurait pourtant matière à s’inspirer de ces situations pour faire évoluer les lois tant les règles de fonctionnement sont absurdes, contre-productives et démotivantes pour les personnels, les parents d’élèves et les élèves  qui y assistent. Petit Récit de ma soirée chamoniarde.

 

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 (source www.Davidmachet.com)

 

Le sujet principal qui devait être abordé était la dotation globale de fonctionnement accordé par le Rectorat, en l’occurrence combien d’heures d’enseignement alloués, combien de postes à créer, comment combler les déficits d’enseignants sur certaines disciplines, … S’en suit un très long débat florilège d’acronymes auxquels les non initiés ne peuvent s’associer. Les enseignants râlent, dénoncent la réduction des moyens calée sur un nombre de lycéens enregistré à la rentrée mais qui évolue à la hausse pendant la saison d’hiver. Il est vrai que proposer 1H30 d’accompagnement personnalisé pour une classe de 30 élèves pour les préparer à la définition de leur projet professionnel et à la prise en main de la plateforme ParcoursSup, c’est un peu se moquer du monde.

Le Conseil d’Administration n’a pas le pouvoir de remettre en question le montant de la dotation, juste les modalités d’affectation. Comme ils n’ont pas d’autres moyens de faire connaître leur mécontentement, une majorité des membres votent contre la proposition d’affectation.  

Tenez vous bien!  Ce petit coup de gueule nécessite pour le Chef d’Etablissement de reconvoquer une commission permanente pour rediscuter de l’affectation des moyens, ensuite de reconvoquer un nouveau conseil d’administration pour lequel il n’aura probablement pas le quorum. Après les délais légaux il pourra se tenir un nouveau CA sans quorum, et en cas de nouveau refus, la proposition du chef d’établissement s’imposera ! Tout ça pour ça !

 

De la complexité d’une gestion départementale et régionale

Depuis que je siège à ce conseil, les mêmes discussions reviennent systématiquement : manque de moyens liés à des effets de seuil et à la petite taille de l’établissement ; à cela s’ajoute la complexité de gestion d’une cité scolaire qui en son sein abrite également un collège et un internat gérés par le département. Alors que la plupart des internes sont au lycée, le département refuse d’assumer des charges de personnels qui incomberaient normalement à la Région pour la surveillance de l‘internat. On connaît la phobie de Wauquiez pour les budgets de fonctionnement et la difficulté à faire acter les dépenses de personnel supplémentaire au Conseil Régional. La tâche est d’autant plus complexe que l’internat est hébergé dans une tour qui appartient à la Mairie de Chamonix avec peu d’internes par étage, mais des règles de fonctionnement qui imposent a minima un surveillant par étage.

Alors, on ose proposer une réflexion sur l’ouverture de l’établissement à de nouvelles formations pour sortir de ces effets de seuil et récupérer des moyens supplémentaires ; mais les personnels me rétorquent que cela nécessiterait des places d’internat supplémentaire dans une autre tour qui attend une réhabilitation depuis près de 10ans. Mais celle-ci vient d’être restituée par la Préfecture à la Mairie qui en avait concédé l’usage à la Cité Scolaire. Ainsi s’éloigne toute chance de sortir un jour de cette situation ubuesque. Alors on se demande pourquoi on vient de faire 200 km en voiture pour entendre tout ça et assister impuissant à ce simulacre de concertation ; peut-être juste pour admirer la pleine lune sur le Massif du Mont-Blanc et c’était déjà très beau….


30/01/2018
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La Transition énergétique, pour une vision concertée et démocratique au service des emplois de demain

J’étais à Bruxelles hier le 4 décembre dernier pour participer à une conférence intitulée « Just Transition – Investment for decent jobs in a low-carbon society » à l’invitation de la délégation Die Linke au Parlement Européen, de la Fondation Rosa Luxembourg et de transform !europe, un réseau de 29 organisations actives dans 20 pays, sur le champ de l’éducation européenne. Ce fut l’occasion pour moi de faire le point sur les limites de nos actions tant en Région Auvergne Rhône-Alpes qu’au plan national,  et de glaner quelques perspectives plus réjouissantes liées aux bonnes pratiques et aux alliances de nature à faire évoluer les politiques publiques.

 

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Comment renforcer le discours politique qui incite à soutenir une croissance soutenable et la création d’un million d’emplois pour le climat ?

 

Partout les Etats peinent à appliquer les accords de Paris et à enclencher les politiques publiques en matière de transition énergétique, susciter la création d’emplois et répondre aux propositions des ONG telle que la campagne 1 millions d’emplois.

 

En France, Pôle Emploi révèle une situation alarmante qui fait état de près de 22% de chômeurs toutes catégories confondues, si on cumule l’ensemble des inscrits.  La proportion de demandeurs d’emploi en activité réduite a augmenté de plus de 80% depuis la crise ouverte en 2008. Fin 2015, plus du tiers des 5,4 millions de demandeurs d’emploi exerçaient une activité réduite.

Globalement en Europe, les politiques d’austérité mises en place depuis la crise de 2008 ont accéléré la hausse du chômage surtout dans les pays les plus touchés par la crise comme la Grèce et l’Espagne. En France, un rapport d’ATD quart monde  chiffre à 36 milliards d’euros les pertes liées à la privation d’emplois. 

 

Pourtant la transition énergétique est créatrice d’emplois. Tous les rapports convergent. Qu’il s’agisse du rapport Quirion qui étudie l’impact sur l’emploi du scénario Negawatt et dont s’est largement inspiré la plateforme Emplois Climat, qu’il s’agisse du rapport BIzi sur les 10000 emplois climatiques dans le Pays Basque Nord, tous traduisent un solde bénéficiaire.

 

La transition est aussi synonyme d’emplois durables. La régionalisation du scénario Négawatt dans les Pays de Loire qui vise à 100% d’énergies renouvelables en 2050 nous apporte un éclairage particulièrement intéressant. Dans une Région fortement nucléarisée avec une dizaine de réacteurs, le nombre d’emplois total est équivalent dans les  2 scénarios mais on observe  une stabilité beaucoup plus importante dans le scénario 100 % ENR que dans le scénario tendanciel. Dans ce dernier apparaissent deux pics d’une dizaine d’années, correspondant à la construction de nouveaux EPR, à laquelle s’ajoutent les emplois liés à la prolongation de la durée de vie des centrales entre 2020 et 2030.  Le risque sur cette perspective pourrait se situer dans un recours à des travailleurs venus d'autres régions et qui ne vont pas s'installer durablement sur le territoire.

 

Mais la transition énergétique ne pourra se faire qu’à condition de réindustrialiser le pays. Le low carbon ne peut être synonyme de low job. Sur les millions de cellules photovoltaiques installées en Gironde. 90% d’entre elles ont été fabriquées en Chine, les 10% restant au Canada. Benjamin Denis, European Trade Union Confederation, a tenu à rappeler l'enjeu en matière de création d'emplois liés la transition énergétique, à la fabrication des équipements qui y sont nécessaires; les réservoirs d’emplois liés à la mise en œuvre et la maintenance étant insuffisants pour sécuriser les parcours des travailleurs.

 

Autre condition à la transition énergétique, c'est le développement des compétences et le nécessaire accompagnement des travailleurs dans cette transition. Il s’agit de former les ouvriers du charbon, du nucléaire à de nouveaux métiers liés aux énergies renouvelables (rénovation énergétique, réemploi, réparation, métiers en lien avec la production d’énergies renouvelables, …). Il ne peut s’agir de remettre un chèque au moment de la fermeture des mines ou des centrales nucléaires.  Il faudra sécuriser les parcours, mettre en place les dispositifs de protection sociale nécessaires à la transition.

 

 

Cette transition va donc nécessiter une consultation démocratique des partenaires sociaux et des mesures de protection face aux impacts sociaux et sur l’emploi des politiques climatiques. Cette perspective commence à se faire jour. Si les ONG comme Greenpeace ou la Fédération Nicolas Hulot peinent encore à s’associer à une mobilisation commune sur la Loi travail, par exemple, les syndicats eux commencent à adopter des motions sur le changement climatique et à en comprendre les enjeux en matière de réindustrialisation décarbonnée, de formation et de développement des compétences, et de création d’emplois durables. Le mouvement syndical s’est ainsi fait l’écho des craintes des salariés en faveur de mesures pour une transition juste, qui veille à ce que personne ne soit laissé pour compte. Il a également rappelé le nécessaire maintien des emplois dans les industries et sur les lieux de travail actuels, en exigeant une transformation industrielle décarbonnée. 

 

Comment dégager des sources de financement significatives qui répondent aux enjeux du changement climatique ?

 


Un levier pour financer un tel plan est bien évidemment de lutter contre l’évasion fiscale et de mettre un terme en aux cadeaux fiscaux faits aux entreprises qui n’ont jamais montré leur impact en matière de création d’emplois.  Les opposants aux sources d’énergie alternatives invoquent leurs coûts, mais notre actuelle dépendance énergétique aux carburants fossiles comporte des frais cachés. Que valent les 500000 morts liés à la pollution de l’Air chaque année en Europe ? Quelles sont les conséquences économiques et sanitaires de la précarité énergétique de près de 20% de la population française, 6 millions de ménages, dont les logements sont mal isolés et qui n’ont pas accès à un système performant de transport collectif... Une suppression des subventions aux énergies fossiles, comme cela été décidé dans le cadre du G20, permettrait de lever en France au moins 10 Md€ par an de recettes supplémentaires.

 L’évasion fiscale, d’autres formes de fraude fiscale comme la fraude sur la TVA, sur l’impôt sur les revenus et les sociétés amputent les finances publiques de 60 à 80 Md€  chaque année en France.

 

Pour créer 650.000 emplois dans différents secteurs de la transition écologique, la plateforme Emplois Pour le climat revient sur une étude économique pour un plan ambitieux de rénovation des bâtiments en France. Cette étude montre qu’il faudrait investir annuellement 4,7 Md€ d’argent public (ce qui mobiliserait 4,8 Md€ d’investissement par an de la part des ménages en complément des aides de l’Etat) pour passer de 500 000 rénovations ambitieuses annuelles en 2017 à 900 000 en 2020. Pour le secteur de la rénovation énergétique, il est à la fois nécessaire de conditionner les aides pour les rénovations à un niveau élevé de performance et d’augmenter les aides notamment pour les ménages en précarité énergétique, afin de les protéger, tout en augmentant la qualité et le nombre de chantiers de rénovation. Le gain pour l’Etat en termes de recettes (TVA) et économies (collecte de charges salariales et patronales) représenterait un gain d’environ 37,6 Md€, qui dépasserait donc les dépenses.

 

 Ce chantier national de rénovation énergétique concerne aussi de nombreuses copropriétés dégradées dans des quartiers populaires ; le chômage des jeunes y atteint parfois 50%, raison de plus pour les associer à ce projet.

Les économies existent. Au niveau de l’Europe, la feuille de route pour la transition bas carbone en 2050 nécessite une réactualisation des moyens financiers.  Selon un rapport de l’ONU, 3% du PIB européen serait nécessaire pour financer la transition, soit 300 à 400 Mds €/an.  La confédération européenne des syndicats a demandé la création d’un fonds de modernisation ad hoc. Il faudra se contenter des perspectives offertes par le marché de permis européen ou "European Union Emissions Trading Scheme" (EU ETS). Ce mécanisme européen d'échange de droits d'émission le plus important dans le monde permet de mettre aux enchères des droits à polluer et pourrait permettre de consacrer une partie des recettes obtenues au financement de la transition énergétique. A ce stade, seuls 2% des quotas sont fléchés au financement de la transition. Le reste est à la bonne volonté des Etats. D’autres mécaniques peuvent être mobilisées à l’instar du Fonds Social Européen qui court jusqu’en 2020 et pour lequel encore 1/3 des fonds n’a pas été dépensé. 70% des coûts liés à la création d’entreprise, à la formation sont finançables par ce dispositif. D’autres dispositifs restent inadaptés. En Espagne, la reconversion des mineurs a été financée par le fonds d’adaptation à la mondialisation, mais uniquement après la fermeture de la mine.

 

Quelles sont les meilleures pratiques en matière de transition énergétique ?

 

Si la Région Auvergne Rhône-Alpes, 2ème Région Economique de France, se livre à une stratégie qui n’a de décarbonnée que le nom, ( une politique consommatrice des ressources naturelles, des espaces agricoles, à la relance des investissements pour des autoroutes, des infrastructures routières, des aéroports régionaux, intenses en carbone et faibles en emplois), les quelques programmes qui sont développés visent d’avantage à la recherche et l’expérimentation  de nouvelles sources d’énergie comme l’hydrogène, mais dont les effets sur l’emploi et le changement climatique ne seront pas visibles à court terme.

 

Sous l’ancienne mandature, la Région Rhône-Alpes a crée un fonds d’investissement, dont elle est majoritaire. La Région a fait office d’investisseur territorial à hauteur de 9,4 M€ auprès de porteurs de projets collectifs et industriels de toutes tailles dans l’éolien, le solaire, les panneaux photovoltaïques avec un retour sur investissement d’environ 7ans et un taux de rentabilité de 7,5% en moyenne. Ces résultats encourageants ont incité d’autres initiatives régionales en Aquitaine, dans les Pays de Loire, en Franche Comté, en PACA… Les perspectives sont nombreuses et correspondent à un vrai besoin des territoires.

 

En Espagne, la Mairie de Barcelone a créé une entreprise publique de distribution d’énergie. La Fundacio L’Alternativa dessine les contours d’une transition énergétique avec une boite à outils qui offre des clés pour l’autosuffisance énergétique municipale, la participation citoyenne, la lutte contre la pauvreté énergétique.

 

De nombreuses collectivités ont statué sur l’arrêt des relations commerciales avec des  banques qui renoncent à soutenir le développement des énergies fossiles. C’est le sens de l’amendement au budget de la Région Auvergne Rhône-Alpes qui a été porté la semaine dernière par Corinne Morel Darleux lors de la dernière assemblée plénière. Mais la majorité en place s’en est affranchi. Ailleurs d’autres collectivités ont déjà  transposé cette proposition et orienter le positionnement des partenaires financiers. Le Conseil de la ville de Paris, la région Île-de-France, le département de la Gironde. Selon le réseau 350.org, plus de 30 collectivités françaises ont récemment rejoint l’initiative – Saint-Denis, Lille, Bordeaux, Dijon, Rennes… mais aussi la London School of Economics qui va désinvestir 138 millions d’euros des compagnies travaillant dans le charbon ou les sables bitumineux.

 

 

Où sont les autres points de blocage ?

Ce ne sont ni les besoins des sociétés, ni les moyens financiers mais l’absence de volonté politique qui expliquent les défaillances des états et de l’Europe en matière de transition énergétique.Nous aurons besoin d’une rénégociation des traités européens pour inscrire l’enjeu de transition énergétique dans les fondements institutionnels de l’Europe et pour lever les financements publics à un chantier de telle ampleur.

 Partout en Europe, le dialogue , la concertation et l’alliance de la société civile, des ONG et des syndicats est de nature à pousser l’émergence d’un nouveau traité, d’un mode de gouvernance démocratique qu’aucun gouvernement n’a jusqu’alors explicitement formalisé et présenté.

 

 

 Sources: emplois-climat.fr -https://bizimugi.eu/wp-content/uploads/2015/04/Version-provisoire-emplois-climatiques-PB-nord.pdf

 


04/12/2017
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Budget carboné et petits arrangements avec la démocratie au pays de Laurent, le fou du Puy!

 

 

Wauquiez, le cas social, Wauquiez, le Fou du Puy ; ce sont les titres qu’on peut lire dans la presse en ce moment et qui viennent conforter nos impressions à l’issue d’une des plus importantes Assemblées Plénières de la Région : le vote du budget 2018 et le vote de la convention TER. 12 rapports et 180 amendements plus tard, voilà quelques impressions. 

 

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Ambiance d’Assemblée autocrate et vassalisée

Une Assemblée comme celle là, ça se prépare : 2315 pages de rapport dont on se répartit la lecture entre conseillers régionaux sans compter les rapports de commission permanente (4837pages) ; des questions à poser la semaine précédente en commissions, des réunions préparatoires pour échanger sur notre vision, les thèmes de communication, des amendements et des interventions à rédiger, … Alors quand on apprend la veille au soir qu’un seul de nos 30 amendements est retoqué et que le Président Wauquiez, en grand seigneur, nous accorde la bonté de le présenter, on est content. On sait qu’on gagne 1H30 de temps de parole sur les deux jours d’Assemblée et l’espoir  infime de faire passer des propositions qui viendront influer sur les politiques régionales.

 

Mais voilà M. Wauquiez a autre chose à faire et n’avait voulu dédier qu’une journée et demi à cette assemblée (campagne pour la Présidence des Républicains oblige). Nous y passerons en tout 23H, avec un Président souvent absent, méprisant à l’égard du débat démocratique, ne cessant de nous rappeler les faveurs qu’il nous aurait soi-disant faites, en nous laissant présenter nos amendements, en nous reprochant le temps de parole que nous prenions légitimement pour présenter nos propositions. M. Wauquiez a juste oublié que la Région ne se préside pas en fonction  de son emploi du temps et de ses ambitions personnelles, mais avec des règles démocratiques valables pour tous.. A n’en pas douter il se comportera avec les Républicains comme avec les élus du peuple et fera passer ses intérêts personnels avant l’intérêt général. Le refus ou l’accord sur un amendement proposé par un élu de l’opposition ne dépend que de son bon vouloir. La plupart sont balayés avec la même sentence «nous vous proposons de passer au vote avec un avis négatif de l’exécutif » ; et ce surtout quand Laurent Wauquiez confie la Présidence de l’Assemblée à Etienne Blanc, son premier Vice-Président.  Aucun des membres de l’exécutif, à part lui, ne prend le risque en son absence d’accepter un amendement de l’opposition. Et quand le Seigneur du Puy revient à la tribune, il s’accorde même le droit de tacler son exécutif. C’est Annabelle André-Laurent, répondant par la négative à une proposition d’amendement budgétaire en faveur de l’hôtellerie familiale, qui fera les frais de ses premiers pas à la tribune.  Wauquiez en décide autrement et accorde une ligne budgétaire à cette proposition du PRG.

 

En coulisses, les tractations entre amis vont bon train. A la suite de la création d’un groupe d’opposition regroupant 5 conseillers régionaux La République En Marche, le Centre décide de réunir ces deux groupes politiques  et y parvient péniblement à 23H58; Les démocrates est le nouveau nom du groupe des Modem et de l’UDI. Laurent Wauquiez bien évidemment suit de près les négociations pour garantir sa majorité à la Région.  Bref, des tractations politiciennes qui troublent un temps fort du Conseil Régional et occultent la présence de Wauquiez à la tribune pour un débat démocratique.

 

 

 

Notre budget pauvre en carbone mais intense en emplois et en bien-vivre

Le FN aura été avare en propositions pour cette session : pas un amendement déposé sur le projet de budget. Christophe Boudot, le Président de leur groupe, justifiera ce choix par le manque de temps. C’est vrai que les délais sont courts, mais qu’on se le dise, les conseillers régionaux FN débauchent soirs et week-ends et préfèrent critiquer les 180 Amendements budgétaires plutôt que de mettre sur la table leurs propositions (c’est plus facile !); à compter de 1 mn par amendement ce sont eux qui monopolisent le temps de parole dans l’Assemblée et je vous invite à regarder les videos car les arguments sont de haut vol : « à compétences égales, laissons la courtoisie aux hommes de travailler à la place des femmes », « on a pas besoin de chouchouter les agriculteurs », « carpe diem avec le changement climatique, il ne faut pas s’affoler».  Une petite dernière pour vous mettre en bouche que l’on doit à Emmanuel Ferrand , conseiller délégué LR aux fonds européens agricoles  « On a besoin du glyphosate, on ne peut pas faire autrement, il ne faut pas l’interdire ! ». A n’en pas douter, ce n’est pas lui qui l’épand sur son exploitation.

 

Face à ces furieux réactionnaires, nous étions plutôt fiers de porter nos propositions. Et comme la perspective d’un AA Standard & Poors ne nous fait pas rêver et n’a pas prouvé ses bienfaits sur l’emploi et le bien-vivre, nous avions décidé de vous proposer un budget AAA sur trois autres indicateurs : empreinte écologique, indice de développement humain et indice de santé sociale.   Nos propositions étaient centrées sur les besoin essentiels des auralpins : se former, se soigner, avoir un emploi, préserver l’environnement…  Vous les retrouverez dans notre dossier de presse mais je ne résiste pas à l’idée de vous livrer mes favorites, ou plutôt les plus emblématiques: 

-       Accélérer la rénovation énergétique et la construction de bâtiments à énergie positive,

-       Recréer en Auvergne Rhône-Alpes une forêt primaire, réservoir indispensable à la biodiversité,

-       Désengorger les vallées alpines des camions de marchandises en organisant dès maintenant le report sur les lignes ferroviaires  existantes,

-       Développer la fréquence et la fiabilité de la ligne St-Etienne-Lyon,

-       Mettre en place une zone de confinement dans les lycées autour des sites nucléaires en cas d’accident,

-       Permettre aux paysans de prendre du repos, 

-       Mettre en place des contrats « montagne en transition » avec des communes de montagne qui diversifient leurs activités,

-       Lancer un plan de rénovation des quartiers politique de la ville afin d’améliorer les conditions de vie et créer de l’emploi non délocalisable,

-       Soutenir et accompagner les chômeurs, en particulier les jeunes dans leurs formations aux métiers de demain, 

-       Consacrer 0,7% du PIB régional à l’aide publique au développement afin de contribuer à la lutte contre les crises climatique, économique et politique qui traversent la planète. etc …. etc …

 

 

Laurent Wauquiez n’en retiendra aucun, ou tout du moins pas sur le budget.

 

 

Train de fanfaronnades et mauvais points sur le comportement

 

Nos paroles seront entendues sur la convention TER. Quand il s’agit de faire des économies, on nous écoute un peu plus. En grand expert du transport ferroviaire, J-Charles Kholhass propose l’amendement qui fait mouche. Si la SNCF baisse la présence humaine dans les trains et dans les gares, la région baissera sa contribution financière ; « avec un avis favorable de l’éxécutif ». La convention TER ne suffira pas à nous convaincre et nous préférons nous abstenir. Laurent Wauquiez s’enorgueillit d’une convention TER qui remet en question la garantie de recettes pour SNCF, impose des pénalités qui la contraignent à une meilleure qualité de service. Mais comme le diable se cache dans les détails, les pénalités pourraient bien inciter  l’entreprise publique à supprimer des trains au profit des autocars ; un moyen bien malin pour retrouver de la rentabilité à bon compte.

 

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Nous avons des doutes sur le maintien des petites lignes et aucune perspective quant au développement de nouvelles lignes. Alors M. Wauquiez, nous vous invitons à un peu plus d’humilité. C’est un des points que nous avons pointé du doigt à travers notre drôle de bulletin de notes.  Depuis deux jours, notre bulletin fait le buzz dans la presse : plus de 50000 vues sur la toile.

Nous aurions pu aussi décerner des mauvais points à d’autres Conseillers Régionaux. L’Assemblée Régionale se termine traditionnellement par la Commission Permanente. Certains élus qui en sont membres ont signé la feuille de présence (pour toucher leurs indemnités d’élus) et sont partis. Résultats : au moment des votes, la majorité se retrouvait en minorité. Interruption de séance, rappel des mauvais élèves et fin de séance à 20H. Allez ! après l’affaire Fillon,  encore un petit effort les LR pour réconcilier les français avec la politique !

 


01/12/2017
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