Fabienne Grebert

Fabienne Grebert

Etes-vous sur de vouloir autoriser la chasse en Haute-Savoie en plein été?

Vous avez jusqu'au 29 avril inclus pour vous prononcer sur ce sujet et répondre à l'enquête publique lancée par la Préfecture de Haute-Savoie, en cliquant sur le Iien ICI

Mais les arguments contre ne manquent pas. Alors pour vous inspirer, je vous dévoile ici la lettre que j'ai adressée hier à Monsieur le Préfet. Peut-être pouvez-vous vous en inspirer pour votre propre contribution à cette enquête publique. On ne lâche rien! 

 

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Autoriser des tirs à visée pédagogique et éducative

 

Monsieur le Préfet,

 

Je ne vous cache pas ma sidération à la lecture de cette enquête publique pour autoriser en plein été, en Haute-Savoie, le tir du sanglier et du chevreuil à visée pédagogique et éducative. Votre note de présentation vise également les tirs de renard sans justification ; peut-être seulement car il est le prédateur des millions de faisans et de perdreaux issus de l’élevage intensif que les chasseurs relâchent chaque année pour leur ball trap. Le renard, est pourtant lui un important régulateur des campagnols et protège à ce titre les activités agricoles.

Je suis étonnée que le seul remède aux dégâts agricoles importants soit la chasse. Les sangliers sont vingt fois plus nombreux qu’en 1970 et pourtant la France est le pays d’Europe avec le plus grand nombre de chasseurs (1,2 Millions). Les raisons de la multiplication des sangliers sont multiples ; changement climatique, pratiques agricoles de monoculture de maïs et de colza, agrainage mal maitrisé, … En Suisse voisine, l’interdiction de la chasse depuis 1974 a entrainé une baisse significative des indemnisations sur moins de 1% des surfaces agricoles et une restauration de la faune et de la flore. En France, le lobby de la Chasse est au mieux de sa forme : prix du permis de chasse divisé par deux, délit d’entrave à la chasse qui fait force de loi, subventions des collectivités territoriales sans limite, …. Rien n’est trop beau pour servir les soi-disant premiers écologistes de France.

 

Que l'homme commence à préserver son écosystème touristique plutôt que de contrôler  l'écosystème naturel!

Et pourtant croire encore que c’est à l’homme de maîtriser les écosystèmes, c’est entretenir un lien à la nature qui nous conduit à la catastrophe. C’est nourrir l’idée d’un rapport de domination et de prédation qui donne la priorité absolue à des intérêts de circonstance et dont les dégâts sur la biodiversité conduisent à la sixième extinction des espèces. Ce n’est pas la vertu pédagogique ou éducative d’un tir de chevreuil que nous avons besoin d’essaimer, mais celle d’un lien sacralisé à la nature qui nous fait aujourd’hui cruellement défaut et qui nous permettrait de reprendre notre juste place, comme une espèce parmi tant d’autres intégrée aux écosystèmes. Cet équilibre naturel est probablement la meilleure garantie pour protéger les cultures agricoles.  Il est aussi de nature à garantir la sécurité des promeneurs, des VTTistes, à éviter les drames qui ont endeuillé plusieurs familles en Haute-Savoie ; considérer l’équilibre de nos écosystèmes, c’est aussi prendre en compte l’activité touristique de notre département, et les risques que votre décision fait peser sur la fréquentation des amoureux de la nature et du sport. 

A l’échelle du département, combien de communes sont concernées par des indemnisations ? Selon l’ONFCS, il n’est pas rare que 15 communes cumulent à elles seules plus de 50 % des dégâts du département ; la question de la maîtrise des dégâts de sangliers ne justifie aucunement l’étendue de tirs sur la totalité du département. Ce qui est à l’œuvre ici, c’est la préservation d’une activité extrêmement lucrative pour les marchands d’armes et de munitions, les prestations de chasse, les élevages intensifs d’animaux dédiés à la chasse, la filière venaisons en Auvergne Rhône-Alpes créé avec l’argent du contribuable. La chasse n’a pas besoin de la complicité de l’Etat pour prolonger sa prospérité économique mortifère.

Je vous remercie par avance, Monsieur le Préfet, de l’attention que vous voudrez bien porter à ma requête. Avec mes plus sincères salutations.

 

 

 


22/04/2019
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Le SRADDET pour ne rien changer, pour ne rien imposer à part des grands projets inutiles

 

Je me demandais au sortir de cette assemblée plénière ce que j’allais pouvoir vous dire de positif, qu’est-ce qui pourrait améliorer votre vie quotidienne, votre ville, votre quartier, comment allais-je vous expliquer tout ça pour que mon discours ne vous apparaisse pas totalement déconnecté de vos préoccupations, … En fait tout est fait pour stabiliser le système en place ; si vous en bénéficiez, soyez heureux, rien ne changera ; mais si vous en faites les frais, on vous noiera sous des termes abscons SRADDET, PRPGD, dont vous aurez bien du mal à percevoir l’itérêt et qui vous éloignerons une fois encore de la politique ; une raison supplémentaire pour que vos élus décident seuls, les citoyens se désintéressant de politiques dont ils ne peuvent mesurer les impacts et les résultats. Essayons de voir comment sortir de l’ornière et de reprendre la main sur les politiques publiques.

 

 SRADDET : 2000 pages de rapport mais pourquoi faire ? … 

Cela fait bientôt un an que nous travaillons au sein de notre groupe en particulier avec J-Charles Kohlhass pour contribuer à ce Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable et d’Egalité des territoires. Ce document regroupe différents documents administratifs qui étaient avant gérés indépendamment les uns des autres : Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE), Schéma Régional des Transports, Schéma Régional de Cohérence Ecologique (pour protéger la biodiversité et les espaces naturels) , Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets (PRPGD, préalablement géré au niveau des départements), … Ce SRADDET se veut prescriptif, c’est-à-dire que les règles s’imposent aux plans locaux d’urbanisme, plans locaux d’urbanisme intercommunal, aux schémas de cohérence territorial (SCOT). Vous suivez toujours ? ….

Au fond, la question c’est plutôt dans quelle région voulons-nous vivre ? Une région qui grignote ses espaces agricoles au profit d’une urbanisation galopante, d’un développement économique à tout crin, d’infrastructures de transports routiers au service d’une mobilité individuelle ? Nous avions une autre vision que nous avions proposée dans le document ICI, pour une région au service du Bonheur Régional Brut, un nouvel indicateur de richesse qui mesure l’efficacité des politiques publiques, non pas à l’aulne de la croissance (PIB) mais de la satisfaction des besoins fondamentaux des habitants (respirer un air pur, avoir un revenu décent, se nourrir sainement, avoir la possibilité de se déplacer sans polluer, …). Il faudra encore patienter.

Jugez plutôt :

-          « Règle N°2 - Renforcer l’armature territoriale » : quels bénéfices pour la population ? Impossible de vous expliquer ce que vous pouvez en tirer.

-           Autre exemple de ce vocabulaire technocratique et incompréhensible « Les objectifs de production de logements définis dans les documents de planification et d’urbanisme (SCoT, PLU(i), PCAET, etc.) doivent être définis et justifiés en cohérence avec les niveaux de polarité (par exemple ceux de l’armature définie dans les SCoT), et avec les besoins tendanciels observés sur le territoire et les territoires … »

Je n’ose prolonger plus avant la démonstration et vous dire plutôt ce que nous avons obtenu même si nous devons nous contenter de peu.

 

 

Des énergies renouvelables oui, mais pas avec nos déchets!

Emilie Marche aura réussi à rappeler dans le SRADDET que l’hydraulique est une priorité à conserver aux côtés du développement des énergies renouvelables liées au bois-énergie, à la méthanisation et au photovoltaïque.  Malheureusement, les énergies renouvelables seront aussi produites avec les déchets dans les unités d’incinération d’ordures ménagères. J’ai voulu rappeler la nécessité absolue pour sortir de l’incinération d’un effort de prévention et de réduction de la consommation du plastique et des énergies fossiles et obtenu le lancement d’un appel à projets pour que les acteurs économiques proposent des innovations permettant de se passer des matières et matériaux issus des énergies fossiles.

 

 

Les éoliennes ne seront pas développées en Auvergne Rhône-Alpes. Alors que cette énergie ne représente que 2% de la production des énergies renouvelables, Laurent Wauquiez nous parle honteusement de prolifération des champs d’éoliennes. Alors que le Portugal affiche une production d’énergie 100% renouvelable et que la production éolienne couvre près de 25% des besoins en électricité, on mesure le retard pris par notre Région et notre pays dopé au nucléaire coûteux et dangereux.

 

Reprendre en main nos politiques publiques

A l’heure où les Régions fusionnées éloignent les élus locaux et les habitants des politiques qui les concernent, l’espoir peut venir de nouvelles formes de concertation et de reprise en main des décisions politiques. A l’instar de La Motte Servolex en Savoie qui a décidé de son Agenda 21, en associant les habitants à l’élaboration d’un développement durable du territoire. Les habitants ont non seulement élaboré les actions sur la base des finalités qu’ils ont déteminées ; mais ils les ont aussi priorisées, disposant d’un volant de points qu’ils pouvaient répartir à leur guise sur les actions proposées. Toute cette démarche a été établie grâce une Civic tech en ligne, couplée avec des réunions publiques, permettant même à ceux qui ne participent jamais de choisir, d’échanger et de changer d’avis derrière leur ordinateur, depuis chez eux. Ces pratiques invitent aussi à un changement de posture des élus, qui s’engagent a priori à la mise en place du plan d’actions défini par les Habitants. Prêts à expérimenter Messieurs Wauquiez et Hortefeux ? On est en droit d’en douter.


05/04/2019
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Laurent Wauquiez fossoyeur du PNR des Sources et Gorges de l’Allier, et de la démocratie

 

 

Laurent Wauquiez avait fait annuler, par une délibération votée en juillet 2016, la création du Parc Naturel Régional des Sources et Gorges de l’Allier. La Justice lui a donné tort en décembre dernier et il n’y a désormais plus d'objection juridique à la création de ce PNR. Mais Laurent Wauquiez s’obstine à faire capoter ce projet. Chronique de cette offensive anti-démocratique, contraire à la protection de l’environnement et au bien-vivre ensemble dans ce petit territoire de Haute-Loire.

 

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Le Parc obstacle au clientélisme et à la logique de guichet de Laurent Wauquiez

Les Parcs Naturels Régionaux ont été créés par le Général de Gaulle pour revitaliser les territoires ruraux et valoriser les milieux naturels et le patrimoine culturel. Seulement Laurent Wauquiez ne  veut pas de ce projet en Haute-Loire. Il l’a jugé contraire aux intérêts de ses amis motards ou porteurs d’un projet hydroélectrique incompatible avec le Conservatoire national du saumon sauvage crée sur les rives de l’Allier.

Alors depuis la décision du tribunal, Laurent Wauquiez fait la sourde oreille : pas de réponse au courrier envoyé par les maires des villages concernés, lui demandant de réouvrir les discussions pour la création de ce Parc. Il se paie même le culot de déclarer dans la presse que la décision du Tribunal est symbolique et ne changera rien à sa décision. La voilà la démocratie prônée par celui qui se rêve déjà en chef d’Etat !

Alors avec l’appui de son ami député Peter Vigier, les maires sont contactés au téléphone un par un et sommés de rentrer dans le rang. Ils doivent se contenter d’un contrat de territoire et rien d’autre !

 

Un territoire qui a besoin d’un projet pour retrouver une dynamique

Seulement voilà, le contrat de territoire n’a pas permis de relancer une dynamique propre à créer de nouvelles activités et des emplois. 82 emplois vont encore être supprimés, suite à la fermeture de l’usine Copirel (Bultex) à Mazeyrat d’Allier. Et ce ne sont pas les investissements financés dans le cadre du contrat de territoire qui vont permettre de relancer l’activité: réfection de toits d’église, extension de cimetière, ronds-points, travaux d’assainissements, … Si ces travaux sont nécessaires dans les petites communes, ils ne permettent pas de porter un projet commun qui pourrait valoriser les patrimoines naturels et culturels remarquables de ce territoire. Mais pour cela, il faut bien quelques agents territoriaux  pour animer, faire travailler ensemble tous les acteurs économiques, touristiques, les acteurs associatifs, les habitants. C’est aussi le meilleur moyen pour lever des fonds au niveau de l’Etat, de l’Europe ou du secteur privé. Mais Laurent Wauquiez est obsédé par la baisse des dépenses de fonctionnement. Alors il vient de supprimer un tiers du budget du SMAT, du Haut-Allier, organisateur entre autres activités de soutien aux gorges et du train touristique estival. Il avait pourtant promis de garder cette structure si le Parc ne se créait pas. En supprimant ces financements il condamne la structure, quinze emplois sont menacés. Les maires et présidents de communautés de communes sont priés de prendre les subventions de la Région pour financer du bitume et du béton (au moins cela profite aux grands groupes du BTP, Colas, Eiffage, … ), un point c’est tout.

 

 

Que faire pour arrêter cette spirale mortifère ?

D’abord il y a les urnes ; en mai prochain se dérouleront les élections européennes ; Laurent Wauquiez a beau avoir éliminé toute forme d’opposition en Haute-Loire, les électeurs pourraient lui envoyer un signal fort pour qu’il soit non seulement viré de la Présidence des Républicains mais qu’il comprenne qu’il n’est plus forcément le leader maximo de la Haute-Loire. Ensuite, chacun, habitant.e, président.e d’association, chef d’entreprise, artisan, peut manifester son soutien au projet de parc auprès du maire de sa commune ; les élus ont besoin de sentir que face à la pression de Laurent Wauquiez leurs électeurs sont prêts à monter au front pour sauver ce projet.

Et puis dès maintenant, n’hésitez pas à signer cette pétition (https://bit.ly/2B23F9Z) qui a déjà recueillie plus de 1000 signatures. Chaque voix compte ; chaque action compte ; prenons en main l’avenir des Sources et Gorges de l’Allier.

 


27/01/2019
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3 voeux politiques pour notre région: plus de démocratie, plus d'adaptation aux enjeux climatiques, plus un parc naturel régional

Un billet de blog en forme de vœux ; l’occasion de revenir sur les points marquants de cette fin d’année à la Région et en Haute-Savoie et d’imaginer une Région en chemin vers une transition écologique, sociale et démocratique

 

Des décisions politiques qui servent une vision ambitieuse et sur le long terme 

Les mouvements sociaux de cette fin d’année ont marqué le ras le bol des français pour des politiques qui prennent leurs décisions seuls, bien plus soucieux de leur propre buzz médiatique ou de leur lancement de campagne que de l’intérêt général. C’est vrai à Annecy ou le bouquet final du processus de concertation Imagine Grand Annecy masque mal la manipulation des opinions : candidater pour faire d’Annecy la capitale verte européenne en 2022 tout en continuant à commander des bus au diesel pour les transports en commun ; lancer une étude sur un nouveau projet de tramway (dans un endroit où les réserves foncières ne sont pas faites et inaccessibles financièrement)  pour faire taire l'opinion publique réfractaire au projet climaticide du Tunnel sous Semnoz. C’est aussi vrai à la Région où Laurent Wauquiez, pour surfer sur la grogne des gilets jaunes, propose une réduction de la part régionale de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE) qui correspond à une économie pour chaque habitant de moins de 2€ par an, soit 17 millions € qui n’iront pas sur le transport ferroviaire en Auvergne Rhône-Alpes . Alors soyons utopiques cette année; arrêtons les décisions politiques sans cohérence, juste pour servir l'image de celui qui les prend; osons une vraie vision, une vraie ambition pour un pays, pour un territoire, pour le long terme.

 

 

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La Station du Semnoz au dessus d'Annecy, tout nouvellement équipée de canons à neige qui ne fonctionnent pas, faute d'eau et de températures adéquates

Les enjeux climatiques intégrés à la décision politique, non pas pour réparer mais pour se préparer

Nos hommes politiques s’accrochent à un modèle dépassé : la voiture continue à occuper une place centrale dans nos modes de déplacement, sans inflexion marquante vers les transports en commun et les modes doux ; la neige continue à doper les politiques touristiques, même si il faut bien se rendre à la raison : LES CANONS A NEIGE N’ARRETERONT PAS LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ;  pour preuve cette photo prise le 23 décembre à la Station du Semnoz  à 1699m au dessus d’Annecy, tout nouvellement arrosé d’argent du Grand Annecy et de la Région, avec moultes canons à neige et remontées mécaniques. Seul un téléski au bas de la station fonctionne ; canons ou pas, il n’y a pas de neige, pas assez froid, pas assez d’eau pour fabriquer de la neige et les touristes ne sont pas là !

Alors Laurent Wauquiez peut bien financer un plan sécheresse pour les agriculteurs les plus sévèrement touchés, mais peut-être faudrait-il mieux adapter notre modèle agricole et notre régime alimentaire , réduire nos émissions de gaz à effet de serre, sauver les petites lignes, rendre notre société plus résiliente au changement climatique…. Tous nos amendements budgétaires défendant ces principes ont été rejetés, lors de la dernière Assemblée Plénière au cours de laquelle nous votions le budget de la Région pour 2019. 

 

Un parc naturel régional pour coopérer à l’échelle d’un bassin de vie et valoriser les patrimoines culturels et naturels d’un territoire

Alors en ce début d’année, l’espoir nous vient de l’Auvergne où pourrait naître un nouveau parc naturel régional. Suite au recours auprès du tribunal administratif porté par notre groupe,  la justice vient d’annuler la délibération de la Région Auvergne Rhône-Alpes qui avait abrogé la création du PNR des Sources et Gorges du Haut Allier. Il n’y a donc plus d’objection juridique à ce que le Parc voit le jour ; une décision qui serait d’autant plus pertinente que Laurent Wauquiez avait justifié sa décision par des contraintes budgétaires. Difficile à croire quand le Président de Région remplace le parc par un contrat de territoire qui a coûté à la Région l’équivalent du budget total d’un PNR (1,5 millions d’euros par an) et ce pour financer des routes, des toits d’églises, des extensions de cimetières ; alors que ce territoire unifié autour d’un projet  commun aurait tant d’activités à créer, tant de reconnaissance nationale, voire internationale à gagner par la mise en valeur de ces patrimoines.  


03/01/2019
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La transition écologique va de pair avec la transition sociale

La démocratie mise à mal, la colère gronde

Qu’adviendra-t-il de la concertation publique engagée sur le Tunnel sous Semnoz ? Les élus resteront probablement sourds aux 600 personnes présentes à la réunion de concertation de Sévrier, à l’ovation de J_Pierre Crouzat, porte-parole du Grenelle des Transports qui proposait une alternative au Tunnel et au BHNS avec un tram-bus le long de la Rive Ouest du Lac (soulignons au passage l’énorme travail fait par ce collectif d’associations pour analyser et décrypter les centaines de pages d’études annexées au dossier de concertation que les élus ne se sont même pas donné la peine de lire). La bataille n’en sera pas pour autant perdue. S’ouvrira une période d’enquête publique , s’ensuivront probablement des recours juridiques qui conduiront probablement à l’annulation du projet, compte-tenu des multiples entorses à la loi et à la réglementation (Loi Littoral, Loi LOTI, SCOT, …). Mais que de temps perdu ! Nos vieux élus veulent leur tunnel, leur coupure de ruban, leur premier coup de pelle et y voient ici leur salut pour gagner leur prochain mandat électoral. Mais qu’ils ne s’y trompent pas; les gilets jaunes étaient là samedi dernier dans la rue, bien décidés à peser de tout leur poids pour faire baisser les taxes. Si les défis écologiques qui s’annoncent nous invitent collectivement à plus de sobriété, ils sont aussi une formidable opportunité de bonification de nos liens sociaux : définir les biens communs qui doivent faire l’objet d’une gouvernance partagée, imaginer comment partager au mieux l’espace public (la France affiche un taux d’utilisation des espaces artificialisés de 456 m2 par personne contre 356 m2 en moyenne en Europe, signe de notre propension à favoriser l’étalement urbain et la construction d’infrastructures- Source eurostat) et surtout définir collectivement comment se déplacer tout en préservant notre environnement menacé par le changement climatique et sa cohorte de conséquences désastreuses pour le bien de tous.

 

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Vendredi dernier, à l'IAE Savoie Mont-Blanc, le Territoire Zéro Déchet Zéro Gaspillage Savoie Mont-Blanc organisait une conférence animée par Isabelle Delannoy ( autour de livre l'Economie Symbiotique aux Ed Actes Sud). celle-ci exposait un concept qui devrait sonner juste à l'oreille de nos élus : le Transit Oriented Development. Expérimenté avec succès dans de nombreuses villes dans le monde, il consiste à créer des zones d'aménagement dense de 4 à 800 mètres de circonférence permettant de maximiser les déplacements à vélo ou à pied et de construire avec des densités décroissantes à la périphérie. Ainsi les déplacements sont limités et les liaisons entre les zones facilitées. M. Rigault maire d'Annecy et Annabelle André-Laurent, vice-présidente à l'économie à la Région ont préféré s'éclipser après les discours plutôt que d'écouter des propos qui pourraient remettre en question leur projet. 

 

Promouvoir la voiture individuelle et la construction de nouvelles infrastructures routières, c’est aussi promouvoir une politique de transports très inégalitaire. Le projet LOLA privilégiera ceux qui habitent Sévrier ou sur les hauteurs de St-Jorioz ; ceux qui ont de belles villas au bord du lac verront effectivement leur temps de parcours diminué et le trafic fluidifié. Ceux qui viennent de plus loin (Duingt, Doussard, Faverges, …) ou qui y travaillent verront en revanche le trafic et la pollution augmenter. Le projet prévoit près de 30000 véhicules à Duingt : comment contournera-t-on alors cette magnifique presqu’île face à la Tournette ? Il  n’y aura pas d’autre solution que de construire une nouvelle route enterrée sous le Taillefer, à grands coups de millions d’euros supplémentaires et de dommages à l’environnement. Combien de gilets jaunes faudra-t-il dans la rue pour inciter nos élus à faire marche arrière ? La transition écologique va de pair avec une transition sociale.  La voiture pèse de plus en plus cher dans le revenus des ménages (entre 4000 et 6000 euros par an et par véhicule selon les études) ; « Dans un contexte de croissance des prix de l’énergie, cet allongement des trajets se traduit par une vulnérabilité énergétique accrue des populations résidant loin des pôles urbains. Ce sont donc les résidents des espaces dont les revenus sont les moins élevés qui sont davantage affectés par la vulnérabilité énergétique : les écarts de conditions de vie entre espaces denses et peu denses se renforcent  - source Observatoire des Territoires 2014 - CGET» . Cette injustice sociale trouvera sa réponse dans un combat pour la transition écologique ; les deux vont de pairs et passe par des politiques qui limitent la voiture individuelle dans l’espace public. 


26/11/2018
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