Fabienne Grebert

Fabienne Grebert

Le VRAI prix des choses

 

Je viens d’écouter  le journal de 8H sur France-Inter en ce dimanche matin ; un  journal marqué par les marches pour le climat, la prise de conscience pour changer les choses, l’éveil des consommateurs au changement d’habitudes alimentaires : les français boudent les confitures bas de gamme, trop sucrées et France Inter fait un reportage sur  un petit magasin de confiture à Paris où on fait les confitures dans le magasin, on prend soin des fruits, de la cuisson et à l’annonce du prix (entre 9 et 14€), le journaliste ne peut pas s’empêcher d’un commentaire qui se veut humoristique mais délétère : « A ce prix, ce n’est pas le consommateur qui se sucre !» et il croit bon d’en remettre une couche en clôture du journal.

 

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Source Sevellia

Changer le climat, changer le système, c'est d'abord accepter la vraie valeur des choses!

Pardonnez-moi, je vous écoute depuis toujours, tous les jours, mais j’ai vraiment l’impression d’avoir eu affaire à un journaliste de l’ancien monde. Il me fait penser à ces gens avec qui j’échange parfois et qui me disent : « Mais le bio, c’est du business ! ». Eh bien oui, c’est du business ; pourquoi les producteurs, distributeurs bio n’auraient-ils pas le droit de vivre de leur production, de leur commerce ?  Mais restons calmes, je ne suis pas certaine qu’on trouve des producteurs ou distributeurs bio au rang des plus grandes fortunes de France.  Les productrices de confitures haut de gamme en plein cœur de Paris ont probablement à payer un fonds de commerce, une assurance, des salaires, des cotisations sociales, des fruits de qualité, des charges fixes qui ,sur un petit volume, montent le prix du pot de confiture. Depuis quand, on ne s’initie plus au business plan dans les écoles de journalisme?

Payer un pot de confiture entre 9 et 14€, c’est probablement oublier un peu vite qu’à la fin de la 2ème guerre mondiale, on consacrait 40% du budget familial à la nourriture, contre 14% désormais. Alors oui le pouvoir d’achat a augmenté mais à quel prix ? Malbouffe, Obésité, diabète, maladies chroniques très couteuses en terme de santé publique ; développement de la consommation de masse et sa cohorte de déchets,  d’épuisement des ressources, de changement climatique et de frustrations quand à force d’acheter des produits toujours moins cher, on a plus d’emploi industriel en France, plus de boulot, plus d’argent, ….

Vous devez vous dire à la lecture de ce billet que je suis probablement une bobo bio qui a les moyens de s’acheter des pots de confiture à 9€ et vous aurez raison (sauf que je les fais moi-même J). Mais ne nous trompons pas de cible ; ce ne sont probablement pas nos productrices de confiture parisiennes qui sont les plus grandes contributrices à la crise climatique : elles essaient d’inventer un nouveau modèle de production locale, une distribution sur place et si leur modèle perdure, j’espère qu’elles auront la possibilité de faire baisser le prix de leur confiture pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Faire un reportage sur cette initiative et les sabrer d’un commentaire assassin à la fin, c’est se rendre complice d’un modèle alimentaire qui promeut l’agriculture intensive, encourage les food miles (le fait d’avoir les composants d’un yaourt par exemple qui auront fait 5000 Km avant d’arriver à l’assiette) et les émissions de gaz à effet de serre qui s’y rapportent.  Le chemin sera long mais les journalistes ne doivent pas faire la promotion ou la dé-promotion d’un sujet ; ils ont un devoir d’objectivité et d’explication. On aurait tendance à oublier un peu trop facilement ces règles déontologiques.

 


09/09/2018
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Etre une femme dans une civilisation vulnérable où comment prendre soin du Vivant ?

 

 

Venir expérimenter avec un groupe de 15 femmes un stage d’une semaine en Drôme et faire un chemin d’exploration du lien entre notre féminité et le Vivant, telle est la proposition que m’a adressée Marine Simon, facilitatrice en intelligence collective, en mai dernier. Sans intention particulière, peut-être par curiosité ou intuition, j’ai décidé de me laisser porter et de faire partie de l’aventure. J’en ressors bouleversée, pleine d’énergie et d’enthousiasme, à l’idée de participer au changement de cap qu’impose notre société portée par une croissance insoutenable et déconnectée du Vivant.

 

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Dessin réalisé par Marine Simon au cours du stage  "Quinze femmes sur leur chemin"Faire le deuil de la civilisation industrielle et matérialiste

 

 

Faire le deuil de la civilisation industrielle et matérialiste

Cette perspective peut apparaître lointaine, mais elle est là. Chacun d’entre nous commence à la voir, à la constater, que ce soient à travers des catastrophes naturelles ou des périodes de canicules de plus en plus intenses et longues. Au delà des bouleversements climatiques, c’est bien notre modèle de société fondé sur les énergies fossiles et la consommation sans limite qui est en jeu. Des milliers de références scientifiques convergent et Pablo Servigne et Raphael Stevens s’emploient , dans leur livre  "Comment tout peut s’effondrer" à documenter la crise à laquelle nous sommes d’ores et déjà confrontés : notre civilisation dopée par une énergie abordable et abondante fonce dans le mur et ne peut désormais plus éviter l’impact et sa cohorte de crises sociales, écologiques, migratoires, …

Le constat pourrait inviter au repli sur soi, conduire au burn-out ou à une forme de survivalisme post-apocalyptique. Mais Pablo Servigne et d’autres chercheurs, activistes, écopsychologues nous invitent à un processus de deuil de la civilisation industrielle et matérialiste et à un processus d’acceptation, de changement de cap pour prendre part à la guérison du monde.

 

Jouer un rôle dans la création d’une société soutenable

Joanna Macy est une activiste américaine née en 1929 qui a mis sa vie aux services de la paix, de la spiritualité,  la justice sociale et environnementale dans une siècle marqué par la Guerre froide, les transitions en Afrique, en Inde et au Tibet. Elle va s’interroger sur la façon de dépasser notre anthropomorphisme qui nous fait considérer maîtres des écosystèmes.  Joanna Macy va proposer un ensemble de méthodes pour aider chacun d’entre nous à prendre part à ce changement de cap, pour réaliser un « passage radical d’une société de croissance industrielle autodestructrice à une société compatible avec la vie ».  Le Travail qui relie se déroule selon un processus en spirale qui contient quatre étapes : affirmer sa gratitude par rapport à la beauté de la vie et de la nature ; honorer sa peine et les sentiments d’impuissance de peur, de tristesse et de colère qui peuvent émerger face à ce possible effondrement ; changer de regard pour créer une société soutenable et passer à l’action.

 

Reconnecter le féminin et le Vivant

J’ai donc décidé de me prêter à cet exercice et j’ai répondu à l’appel de Marine Simon et Charlotte Ogier pour vivre en Drôme à Miscon une semaine de Travail qui relie. Vous pourriez croire que l’exercice est douloureux et qu’une semaine de vacances à évoquer l’effondrement s’apparente à du masochisme. Certes, ce travail demande un certain courage, au regard des émotions les plus profondes qui s’expriment chez chacune d’entre nous. Mais ce fut aussi un véritable délice et l’occasion de s’interroger sur notre place singulière de femme dans notre société, encore dominée par le masculin et dépossédées des événements et des rites associées à notre vie de femme .  Marine et Charlotte sont deux facilitatrices en intelligence collective exquises. Elles nous auront guidé toute la semaine sur la manière de transformer notre relation entre le féminin qui donne la vie, et la nature, ces cycles, sa beauté, sources d’inspiration pour faire évoluer nos vies tout en prenant soin de la planète. Ce fut une semaine de déconnexion totale (sans téléphone, sans internet) dans un lieu magique,  la Cabane d’Ambel, pour un temps de reconnection profond à ses émotions, à ses sensations et aux éléments autour de pratiques matinales de QI Gong, d’exercices en pleine nature, interactifs ou solitaires.

Ce fut aussi l’occasion de rencontres incroyables avec des femmes de 26 à 59 ans aux parcours et aux talents étonnants, d’échanges bienveillants et sans jugement ; une semaine pour donner et recevoir beaucoup d’amour.

 

Et puis une mention spéciale à Floriane, traiteur à  la Fée Karambol, qui nous a régalé de ses repas Vegan et sans gluten. Merci de nous avoir faire découvrir ces merveilles, ces saveurs qui vous ravissent les papilles, vous remplissent l’estomac (aucune sensation de faim entre les repas) et vous donne envie de poursuivre le régime alimentaire une fois rentrée à la maison.

 

Aucune idée du succès que chacune d’entre nous rencontrera dans ces initiatives et ces pas vers un monde meilleur ; mais c’est bien pour ça qu’on va se retrousser les manches !

 

 


21/08/2018
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La fête du Lac à Annecy: émerveillement et désastre écologique!

 C’était très beau la fête du Lac hier ! La Ville n’a probablement pas usurpé son titre de de plus beau feu d’artifice d’Europe. Même les cygnes en étaient baba!  Mais tout de même …. 100 000 personnes à la fête : l’occasion était rêvée pour que thème « Autour de la Terre » soit l’occasion d’évoquer la beauté de la planète, la diversité de nos cultures, la fragilité des océans, les liens humains qui enrichissent. Le RV est raté et nous laisse en plus des montagnes de déchets, des niveaux de pollution atmosphérique record et une sombre amertume quant à la responsabilité des élus locaux à faire évoluer les pratiques.

 

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Autour de la « global culture »

Voilà ! Le thème était prometteur : on s’attendait à un voyage à la Jules Verne, ou encore à un conte poétique sur les merveilles de la nature. Trois jours après le Jour de dépassement*, le propos aurait eu du sens. Si tout le monde vivait comme les français il faudrait 2,8 planètes. Mais là point d’allusion aux transports en commun chers à Phileas Fogg, si ce n’est celle d’un avion long courrier ou l’évocation romancée d’un train ; pas d’émerveillement à la rencontre des peuples et de leurs cultures.  « Autour de la Terre », est une débauche de moyens artificiers pour évoquer le Canada grâce à la voix de Céline Dion, les Etats-Unis grâce à celle de Bruce Springsteen, l’Australie, au son d’ACDC et l’Amérique latine avec la Lambada. Les spectateurs en auront eu pour leur argent mais que faudra-t-il pour les faire revenir: encore plus de feux d’artifice, plus haut, plus fort, plus longtemps? Ou un peu plus d’émotions, de découverte, d’étonnement ?

 

Point d’éco-événement : vive la voiture individuelle et la pollution !

Hier, un nouveau pic de pollution à l’ozone avait obligé la préfecture à placer la zone en vigilance orange.

Il faut bien dire que la ville avait bien anticipé les choses. On pouvait lire sur le plan de circulation « Pour vous rendre à la Fête du lac, il est préférable de privilégier les modes doux… » . Mais la ligne d’en dessous, avait le mérite de nous rafraichir par temps de canicule. « Mais si la voiture reste le moyen indispensable pour vous rendre sur l’événement, sachez que certaines contraintes sont à prévoir ». Eh oui, ce jour là la ville avait bien prévu de réduire le service de la société publique de transports en commun, pour permettre aux voiture de mieux circuler. A titre d’exemple, si vous décidiez de descendre en bus de Seynod pour vous rendre au spectacle vers 20h, il vous restait la solution d’un bus à 23H15 au départ de la gare. Inutile de vous dire que pour rallier le point de départ quand le spectacle termine à 23h et qu’il faut s’échapper d’une foule de 100000 personnes, le challenge est impossible à relever. Mais voilà à près de minuit, la course à pied ça n’use pas que les souliers !

Pas mieux du côté Déchets ! C’est étonnant pour une ville classée Territoire Zéro Déchet Zéro Gaspillage. En lien avec les consignes de sécurité, nous n’avions pas amené de bouteilles en verre, seulement nos gobelets réutilisables pour trinquer avec une bonne bière face au Lac. Que neni ! Mon amie Marie est revenue avec ces deux gobelets en bon plastique jetable. Nous savons que les élus locaux et régionaux ne sont pas enclins à imposer des contraintes aux entreprises, y compris au commerce forain. Mais tout de même, pourquoi ce qui est possible de nos nombreux festivals en France ne le serait pas à Annecy ?

 

Pourtant, des solutions existent!

Si nous étions capables d’afficher autant d’ambitions sur nos événements culturels et touristiques que nous sommes capables d’en mettre sur notre développement économique, nous serions infiniment plus remarquables et plus efficaces à tous les points de vue. Au delà du bilan carbone des artificiers, je voudrais bien connaître celui des déplacements en voiture de près de 100000 personnes, l’impact sur la qualité de l’air, le coût pour le traitement des déchets. Au delà de la nécessaire sensibilisation des professionnels et de leurs indispensables engagements à respecter des enjeux de développement durable dans l’organisation, il serait temps de s’interroger sur l’identité qu’Annecy souhaite afficher à travers ce type d’événement. La culture populaire peut tellement être source de génie créatif et d’innovations, il serait dommage de passer à côté, au moment où des milliers de touristes venus du monde entier déferlent sur la ville.

 

le jour de dépassement est la date à partir de laquelle l’empreinte écologique dépasse la biocapacité de la planète. L'empreinte écologique caractérise la surface de la Terre utilisée par l'Homme pour pêcher, élever, cultiver, déboiser, construire et brûler des énergies fossiles. En 7 mois, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et récolté plus que ce que la nature peut nous fournir en une année.

 


05/08/2018
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On dit nature d'une main et on fait béton de l'autre*!

L’Assemblée Plénière de jeudi et vendredi dernier était placée sous le signe de la protection de l’Environnement, où tout du moins nous pouvions l’espérer. 3 délibérations étaient présentées par le Vice Président Eric Fournier. Il était aussi question du bilan de la convention avec la Fédération Régionale des Chasseurs. Si nous ne pouvons qu’être d’accord avec les enjeux soulevés par le Vice-Président, les moyens et la transversalité des politiques publiques nous laissent encore sur notre faim. Quant au bilan des Chasseurs, l’amateurisme et l’approximation sont au rendez-vous ; si seulement la bécasse des bois s’en trouve protégée, j’en serais ravie.

 

Nous aurions pu écrire cette délibération : région décarbonnée, région à énergie positive, centrales villageoises, économie circulaire, développement des réserves naturelles régionales, qualité de l’air, nous retrouvions là les thèmes que nous ne cessons de porter. Nous étions tentés de croire à l’histoire que voulait bien nous raconter Eric Fournier, mais à la lecture de la délibération, nous  avons déchanté en constatant le budget que la Région était prête à y consacrer : 200 M€ alors même que la Région est prête à investir 140 M€, pour une troisième autoroute entre St-Etienne et Lyon. Cela représente chaque année moins de 1,8 % du budget de la Région.

 

Protéger l'environnement d'accord, mais avec toujours plus de routes et du glyphosate?

Nous avons terminé la lecture sans jamais voir un mot sur les transports, en particulier le ferroviaire et les mobilités douces, pas un mot sur le changement des pratiques agricoles, pas un mot sur les canons à neige et les conflits d’usage liés à l’eau…. Eric Fournier a accepté un amendement pour que la stratégie soit portée dans toutes les politiques publiques de la Région. Mais cet amendement libellé de manière floue n’a pas résisté à d’autres propositions qui ont été débattues lors de cette même Assemblée.  Exit l’amendement porté par toute la gauche pour que la Région s’engage dès maintenant à accompagner les agriculteurs à l’abandon du Glyphosate dans les pratiques agricoles; curieux, alors même que cette stratégie environnement comprenait un plan en faveur des pollinisateurs !  Ce même jour était voté un vœu pour le soutien de la Région à la 2X2 voies entre Machilly et Thonon, projet très contesté y compris par les édiles Genevois, qui craignent un déversement de véhicules et de leur pots d’échappement en Suisse.  Côté cohérence des politiques publiques peut mieux faire ! à moins qu’il s’agisse d’un bras de fer entre une Région gouvernée à « droite toute », mais qui essaie de ménager une majorité plus vraiment au « garde à vous ».

 

Réduire et substituer, mais peu mieux faire pour la qualité de l'air et le changement climatique!

Nous avons évoqué le mix énergétique porté dans cette délibération : hydrogène, bois énergie, méthanisation… Si ces projets représentent un potentiel de développement non négligeable, ils ne sont pas exempts (comme toute énergie produite) d’impacts significatifs sur l’environnement. Le Vice-Président à l’Environnement nous a garantit que les bornes de recharge hydrogène  pour les véhicules qui seront installées dans la Région dans le cadre du projet Zero Emission Valley, seront alimentées exclusivement à partir d’électrolyse de l’eau. Nous vérifierons. Pas sur que ce soit suffisant pour abaisser les taux de pollution dans les Vallées Alpines.  La priorité est à la baisse des consommations! La stratégie prévoit un bonus de 750 € pour doubler la mise des collectivités qui le décideront, pour la rénovation énergétique. Il sera difficile d'atteindre 60000€ logements rénovés, juste avec cette mesure. Nous aurions préféré une une banque publique régionale d’investissement qui prêterait à taux 0 à tous les ménages de la Région pour la rénovation thermique de leurs logements. Amendement refusé! Nous réussirons néanmoins à ce que dans la stratégie environnement, l’éolien, la géothermie et le solaire ne soient pas oubliés des politiques publiques.  Le développement des énergies renouvelables doit être adapté aux mieux aux spécificités territoriales de notre grande Région.

 

 

Les Parcs Naturels Régionaux en vedette, pourvu qu'ils ne coutent pas trop 

Ca y est ; ils ont enfin eu droit à une délibération qui précise un peu plus la feuille de route. Une ode aux Parcs qui ne justifie pas l'abandon des projets dans le Haut Allier et les Dombes. Laurent Wauquiez a beau nous rétorquer que les élus n'en voulaient plus, je ne suis pas certains que les mêmes élus apprécieront qu'on réponde à leur place. Mais ne nous leurrons pas sur la générosité de cette délibération. Leurs dotations de fonctionnement seront maintenues au niveau de 2017 jusqu'à la fin du mandat et les dotations statutaires de la Région seront harmonisées entre les Parcs. Lisez entre les lignes : une baisse des moyens de fonctionnement. On connaît au combien le discours trop souvent servi de dépenses de fonctionnement utilisées à mauvais escient, pour verser des salaires à des agents territoriaux qui, soi-disant, ne créeraient pas de valeur ; la Région doit rendre l’argent aux auralpins et investir! Si cette politique a permis à Laurent Wauquiez de décrocher son double A chez Standard & Poor, il oublie un peu trop vite la propension des parcs et de leurs agents territoriaux à lever des fonds. 1 € investi, c’est 20 € de recettes publiques générées. 

Alors on nous ressort la baisse des dotations de l’Etat, porté par le gouvernement et le trio d’ex-Républicains Philippe, Lemaire et Darmanin. Mais le Président de la Région ne manque jamais d’ingéniosité pour dépenser des millions d’euros pour sa bonne ville du Puy de 18000 habitants, pour installer une crèche jugée illégale par le Tribunal administratif ou pour éclairer l’Hôtel de Région.  Si Laurent Wauquiez sait s’illustrer en matière de dépenses de fonctionnement inutiles,   Il est en revanche plus difficile d’en faire la démonstration dans les Parcs. Animer un territoire pour monter une miellerie collective qui profitera à tous, c’est lever des fonds, déterminer les clefs de répartition de financement et déterminer des conditions d’exploitation, c’est à cela que servent les dépenses de personnel dans les Parcs 2017, C’est encore une fois laisser entendre qu’il y a encore à gratter dans les dépenses des parcs et oublier un peu trop vite la stratégie que l’on voudrait qu’ils portent : des territoires ruraux structurés, organisés face au mouvement de métropolisation innovants, respectueux de l’environnement, producteurs d’énergie, de cultures maraîchères et porteurs du bien-vivre à la campagne et en montagne.

 

Le bilan de la Chasse: amateurisme et imprécisions

Quand je pense qu’un ex-député, Vice-président peut faire preuve d’un tel amateurisme, ça fait peur. Un joli tableur excel truffé de fautes d’orthographes était sensé nous servir de tableau de bord dynamique et transparent. Je ne l’entends pas de cette oreille.

 

 

J’attends les 3000 pages que le Vice-Président doit mettre à ma disposition, pour me faire une idée plus précise de la bonne gestion des fonds publics. Pour le moment, si vous voulez savoir à quoi ont servi les 3 M€ dédiés à la Fédération Régionale de la Chasse, c’est encore un peu flou : certainement à des postes de tir surélevés, à des piquets anticollision, à des couteaux et bacs d’éviscération, à l’amélioration de locaux de chasse, … Mais la protection de l’environnement dans tout ça ?  On nous servira probablement à la rentrée prochaine qu’il faut mettre 3M€ de plus pour voir vraiment ce dont les chasseurs sont capables. Mais peut-être faut-il douter de la bonne gestion d’argent public de Laurent Wauquiez.

 

 

 *expression tirée de l'intervention de Corinne Morel-Darleux sur la Stratégie Energie-Environnement présentée le 21 juin dernier

 

 

 

 

 


20/06/2018
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Laurent Wauquiez sous haute tension: notre opposition commence à lui donner du fil à retordre

Dénoncer les modifications de délibérations après leur vote, poser des questions qui fâchent lors des Assemblées Plénières, réclamer des comptes sur les sommes croissantes d’argent versés aux Chasseurs, voilà de quoi énerver notre président de Région qui a décidé de faire pression sur le Rassemblement Citoyen Ecologiste et Solidaire. C’est mal connaître les 9 membres de notre groupe politique, qui ne sont pas prêts à se laisser dicter le ton du débat par Laurent Wauquiez.

 

J’avais proposé il y a quelques semaines de porter une question orale intitulée « Renouer le Lien » , lors de l’Assemblée de la semaine dernière. Alertés depuis le début du mandat par des élu-es de tout bord, des responsables associatifs et de manière générale tous ceux qui de prêt ou de loin sont en lien avec la Région, pour des demandes de subventions, d’informations ou le montage de dossiers de financement, nous souhaitions obtenir une réponse du Président sur les mesures qu’il comptait prendre pour retisser du lien entre l’administration, les élus et les auralpins.

 

 

Le constat est affligeant ; une déconnexion de l’Institution vis à vis de ses administrés, des personnels en souffrance, dont l’exécutif ne semble pas vouloir s’inquiéter. La non-réponse de Lurent Wauquiez, qui se pose en victime de mes accusations, l’est tout autant et n’est pas digne d’un homme qui brigue un destin national.

Alors, nous allons refaire partir un courrier au cabinet du Président, en demandant une réponse officielle à la question posée dans cet extrait video.

 

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Extrait de la délibération sur le plan Chasse votée le 29 mars à la Région

 

Mais la dégradation de nos relations ne se limite pas à ce simple fait. Je vous avais fait part dans un récent Post Facebook du nouveau Plan Chasse dévoilé par Philippe Meunier ; au delà du parfum de clientélisme vraiment  trop prégnant, de sérieux doutes pèsent sur la légalité d’une telle délibération ; surtout quand on propose de financer des améliorations de locaux de chasse moins d’un an après leur inauguration comme en atteste le communiqué ci-dessous.

 

https://www.chasseurs74.fr/actualites/inauguration-de-la-maison-de-la-chasse-de-l-acca-de-st-jorioz

 

 

Et des cas comme ça, j'en ai recensé près d'une dizaine dans le pan chasse voté la semaine dernière. Les locaux de chasse seront bientôt entièrement équipés pour les venaisons de sanglier. Quel rapport avec la sauvegarde de la biodiversité et de l’environnement ? On se le demande. Et ce n’est qu’un début.  Philippe Meunier est en train de préparer un nouveau plan chasse pour la deuxième partie de mandat ; voilà des électeurs  qui seront bien dociles pour les prochaines présidentielles.

 

 De notre côté, nous essayons de faire de notre mieux pour être à la hauteur du mandat que nous ont confié les électeurs-rices :  être force de proposition sur les dossiers présentés à l’Assemblée, dénoncer l’inadmissible, le clientélisme, voire l’illégalité. C’est le parti pris que nous avions en alertant sur l’amendement bio dans les cantines réécrit en catimini pour en limiter la portée.  Laurent Wauquiez ne l’entend pas de cette oreille et avait convoqué Monique Cosson, notre Présidente de Groupe le jour de l’Assemblée Plénière pour lui signifier son mécontentement, nous accusant d’avoir franchi la ligne rouge, nous menaçant d’un procès pour diffamation et ayant trahi sa confiance. Bref,  il ne fait pas bon contrarier le maître de ces lieux. Peu importe, si les tentations sont grandes de bafouer la démocratie depuis le début du mandat, nous n’avons pas l’intention de renier notre droit d’expression, juste de porter la voix des victimes des Wauquiezeries que nous ne cessons de dénoncer chaque semaine.


06/04/2018
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