Fabienne Grebert

Fabienne Grebert

La Transition énergétique, pour une vision concertée et démocratique au service des emplois de demain

J’étais à Bruxelles hier le 4 décembre dernier pour participer à une conférence intitulée « Just Transition – Investment for decent jobs in a low-carbon society » à l’invitation de la délégation Die Linke au Parlement Européen, de la Fondation Rosa Luxembourg et de transform !europe, un réseau de 29 organisations actives dans 20 pays, sur le champ de l’éducation européenne. Ce fut l’occasion pour moi de faire le point sur les limites de nos actions tant en Région Auvergne Rhône-Alpes qu’au plan national,  et de glaner quelques perspectives plus réjouissantes liées aux bonnes pratiques et aux alliances de nature à faire évoluer les politiques publiques.

 

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Comment renforcer le discours politique qui incite à soutenir une croissance soutenable et la création d’un million d’emplois pour le climat ?

 

Partout les Etats peinent à appliquer les accords de Paris et à enclencher les politiques publiques en matière de transition énergétique, susciter la création d’emplois et répondre aux propositions des ONG telle que la campagne 1 millions d’emplois.

 

En France, Pôle Emploi révèle une situation alarmante qui fait état de près de 22% de chômeurs toutes catégories confondues, si on cumule l’ensemble des inscrits.  La proportion de demandeurs d’emploi en activité réduite a augmenté de plus de 80% depuis la crise ouverte en 2008. Fin 2015, plus du tiers des 5,4 millions de demandeurs d’emploi exerçaient une activité réduite.

Globalement en Europe, les politiques d’austérité mises en place depuis la crise de 2008 ont accéléré la hausse du chômage surtout dans les pays les plus touchés par la crise comme la Grèce et l’Espagne. En France, un rapport d’ATD quart monde  chiffre à 36 milliards d’euros les pertes liées à la privation d’emplois. 

 

Pourtant la transition énergétique est créatrice d’emplois. Tous les rapports convergent. Qu’il s’agisse du rapport Quirion qui étudie l’impact sur l’emploi du scénario Negawatt et dont s’est largement inspiré la plateforme Emplois Climat, qu’il s’agisse du rapport BIzi sur les 10000 emplois climatiques dans le Pays Basque Nord, tous traduisent un solde bénéficiaire.

 

La transition est aussi synonyme d’emplois durables. La régionalisation du scénario Négawatt dans les Pays de Loire qui vise à 100% d’énergies renouvelables en 2050 nous apporte un éclairage particulièrement intéressant. Dans une Région fortement nucléarisée avec une dizaine de réacteurs, le nombre d’emplois total est équivalent dans les  2 scénarios mais on observe  une stabilité beaucoup plus importante dans le scénario 100 % ENR que dans le scénario tendanciel. Dans ce dernier apparaissent deux pics d’une dizaine d’années, correspondant à la construction de nouveaux EPR, à laquelle s’ajoutent les emplois liés à la prolongation de la durée de vie des centrales entre 2020 et 2030.  Le risque sur cette perspective pourrait se situer dans un recours à des travailleurs venus d'autres régions et qui ne vont pas s'installer durablement sur le territoire.

 

Mais la transition énergétique ne pourra se faire qu’à condition de réindustrialiser le pays. Le low carbon ne peut être synonyme de low job. Sur les millions de cellules photovoltaiques installées en Gironde. 90% d’entre elles ont été fabriquées en Chine, les 10% restant au Canada. Benjamin Denis, European Trade Union Confederation, a tenu à rappeler l'enjeu en matière de création d'emplois liés la transition énergétique, à la fabrication des équipements qui y sont nécessaires; les réservoirs d’emplois liés à la mise en œuvre et la maintenance étant insuffisants pour sécuriser les parcours des travailleurs.

 

Autre condition à la transition énergétique, c'est le développement des compétences et le nécessaire accompagnement des travailleurs dans cette transition. Il s’agit de former les ouvriers du charbon, du nucléaire à de nouveaux métiers liés aux énergies renouvelables (rénovation énergétique, réemploi, réparation, métiers en lien avec la production d’énergies renouvelables, …). Il ne peut s’agir de remettre un chèque au moment de la fermeture des mines ou des centrales nucléaires.  Il faudra sécuriser les parcours, mettre en place les dispositifs de protection sociale nécessaires à la transition.

 

 

Cette transition va donc nécessiter une consultation démocratique des partenaires sociaux et des mesures de protection face aux impacts sociaux et sur l’emploi des politiques climatiques. Cette perspective commence à se faire jour. Si les ONG comme Greenpeace ou la Fédération Nicolas Hulot peinent encore à s’associer à une mobilisation commune sur la Loi travail, par exemple, les syndicats eux commencent à adopter des motions sur le changement climatique et à en comprendre les enjeux en matière de réindustrialisation décarbonnée, de formation et de développement des compétences, et de création d’emplois durables. Le mouvement syndical s’est ainsi fait l’écho des craintes des salariés en faveur de mesures pour une transition juste, qui veille à ce que personne ne soit laissé pour compte. Il a également rappelé le nécessaire maintien des emplois dans les industries et sur les lieux de travail actuels, en exigeant une transformation industrielle décarbonnée. 

 

Comment dégager des sources de financement significatives qui répondent aux enjeux du changement climatique ?

 


Un levier pour financer un tel plan est bien évidemment de lutter contre l’évasion fiscale et de mettre un terme en aux cadeaux fiscaux faits aux entreprises qui n’ont jamais montré leur impact en matière de création d’emplois.  Les opposants aux sources d’énergie alternatives invoquent leurs coûts, mais notre actuelle dépendance énergétique aux carburants fossiles comporte des frais cachés. Que valent les 500000 morts liés à la pollution de l’Air chaque année en Europe ? Quelles sont les conséquences économiques et sanitaires de la précarité énergétique de près de 20% de la population française, 6 millions de ménages, dont les logements sont mal isolés et qui n’ont pas accès à un système performant de transport collectif... Une suppression des subventions aux énergies fossiles, comme cela été décidé dans le cadre du G20, permettrait de lever en France au moins 10 Md€ par an de recettes supplémentaires.

 L’évasion fiscale, d’autres formes de fraude fiscale comme la fraude sur la TVA, sur l’impôt sur les revenus et les sociétés amputent les finances publiques de 60 à 80 Md€  chaque année en France.

 

Pour créer 650.000 emplois dans différents secteurs de la transition écologique, la plateforme Emplois Pour le climat revient sur une étude économique pour un plan ambitieux de rénovation des bâtiments en France. Cette étude montre qu’il faudrait investir annuellement 4,7 Md€ d’argent public (ce qui mobiliserait 4,8 Md€ d’investissement par an de la part des ménages en complément des aides de l’Etat) pour passer de 500 000 rénovations ambitieuses annuelles en 2017 à 900 000 en 2020. Pour le secteur de la rénovation énergétique, il est à la fois nécessaire de conditionner les aides pour les rénovations à un niveau élevé de performance et d’augmenter les aides notamment pour les ménages en précarité énergétique, afin de les protéger, tout en augmentant la qualité et le nombre de chantiers de rénovation. Le gain pour l’Etat en termes de recettes (TVA) et économies (collecte de charges salariales et patronales) représenterait un gain d’environ 37,6 Md€, qui dépasserait donc les dépenses.

 

 Ce chantier national de rénovation énergétique concerne aussi de nombreuses copropriétés dégradées dans des quartiers populaires ; le chômage des jeunes y atteint parfois 50%, raison de plus pour les associer à ce projet.

Les économies existent. Au niveau de l’Europe, la feuille de route pour la transition bas carbone en 2050 nécessite une réactualisation des moyens financiers.  Selon un rapport de l’ONU, 3% du PIB européen serait nécessaire pour financer la transition, soit 300 à 400 Mds €/an.  La confédération européenne des syndicats a demandé la création d’un fonds de modernisation ad hoc. Il faudra se contenter des perspectives offertes par le marché de permis européen ou "European Union Emissions Trading Scheme" (EU ETS). Ce mécanisme européen d'échange de droits d'émission le plus important dans le monde permet de mettre aux enchères des droits à polluer et pourrait permettre de consacrer une partie des recettes obtenues au financement de la transition énergétique. A ce stade, seuls 2% des quotas sont fléchés au financement de la transition. Le reste est à la bonne volonté des Etats. D’autres mécaniques peuvent être mobilisées à l’instar du Fonds Social Européen qui court jusqu’en 2020 et pour lequel encore 1/3 des fonds n’a pas été dépensé. 70% des coûts liés à la création d’entreprise, à la formation sont finançables par ce dispositif. D’autres dispositifs restent inadaptés. En Espagne, la reconversion des mineurs a été financée par le fonds d’adaptation à la mondialisation, mais uniquement après la fermeture de la mine.

 

Quelles sont les meilleures pratiques en matière de transition énergétique ?

 

Si la Région Auvergne Rhône-Alpes, 2ème Région Economique de France, se livre à une stratégie qui n’a de décarbonnée que le nom, ( une politique consommatrice des ressources naturelles, des espaces agricoles, à la relance des investissements pour des autoroutes, des infrastructures routières, des aéroports régionaux, intenses en carbone et faibles en emplois), les quelques programmes qui sont développés visent d’avantage à la recherche et l’expérimentation  de nouvelles sources d’énergie comme l’hydrogène, mais dont les effets sur l’emploi et le changement climatique ne seront pas visibles à court terme.

 

Sous l’ancienne mandature, la Région Rhône-Alpes a crée un fonds d’investissement, dont elle est majoritaire. La Région a fait office d’investisseur territorial à hauteur de 9,4 M€ auprès de porteurs de projets collectifs et industriels de toutes tailles dans l’éolien, le solaire, les panneaux photovoltaïques avec un retour sur investissement d’environ 7ans et un taux de rentabilité de 7,5% en moyenne. Ces résultats encourageants ont incité d’autres initiatives régionales en Aquitaine, dans les Pays de Loire, en Franche Comté, en PACA… Les perspectives sont nombreuses et correspondent à un vrai besoin des territoires.

 

En Espagne, la Mairie de Barcelone a créé une entreprise publique de distribution d’énergie. La Fundacio L’Alternativa dessine les contours d’une transition énergétique avec une boite à outils qui offre des clés pour l’autosuffisance énergétique municipale, la participation citoyenne, la lutte contre la pauvreté énergétique.

 

De nombreuses collectivités ont statué sur l’arrêt des relations commerciales avec des  banques qui renoncent à soutenir le développement des énergies fossiles. C’est le sens de l’amendement au budget de la Région Auvergne Rhône-Alpes qui a été porté la semaine dernière par Corinne Morel Darleux lors de la dernière assemblée plénière. Mais la majorité en place s’en est affranchi. Ailleurs d’autres collectivités ont déjà  transposé cette proposition et orienter le positionnement des partenaires financiers. Le Conseil de la ville de Paris, la région Île-de-France, le département de la Gironde. Selon le réseau 350.org, plus de 30 collectivités françaises ont récemment rejoint l’initiative – Saint-Denis, Lille, Bordeaux, Dijon, Rennes… mais aussi la London School of Economics qui va désinvestir 138 millions d’euros des compagnies travaillant dans le charbon ou les sables bitumineux.

 

 

Où sont les autres points de blocage ?

Ce ne sont ni les besoins des sociétés, ni les moyens financiers mais l’absence de volonté politique qui expliquent les défaillances des états et de l’Europe en matière de transition énergétique.Nous aurons besoin d’une rénégociation des traités européens pour inscrire l’enjeu de transition énergétique dans les fondements institutionnels de l’Europe et pour lever les financements publics à un chantier de telle ampleur.

 Partout en Europe, le dialogue , la concertation et l’alliance de la société civile, des ONG et des syndicats est de nature à pousser l’émergence d’un nouveau traité, d’un mode de gouvernance démocratique qu’aucun gouvernement n’a jusqu’alors explicitement formalisé et présenté.

 

 

 Sources: emplois-climat.fr -https://bizimugi.eu/wp-content/uploads/2015/04/Version-provisoire-emplois-climatiques-PB-nord.pdf

 


04/12/2017
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Budget carboné et petits arrangements avec la démocratie au pays de Laurent, le fou du Puy!

 

 

Wauquiez, le cas social, Wauquiez, le Fou du Puy ; ce sont les titres qu’on peut lire dans la presse en ce moment et qui viennent conforter nos impressions à l’issue d’une des plus importantes Assemblées Plénières de la Région : le vote du budget 2018 et le vote de la convention TER. 12 rapports et 180 amendements plus tard, voilà quelques impressions. 

 

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Ambiance d’Assemblée autocrate et vassalisée

Une Assemblée comme celle là, ça se prépare : 2315 pages de rapport dont on se répartit la lecture entre conseillers régionaux sans compter les rapports de commission permanente (4837pages) ; des questions à poser la semaine précédente en commissions, des réunions préparatoires pour échanger sur notre vision, les thèmes de communication, des amendements et des interventions à rédiger, … Alors quand on apprend la veille au soir qu’un seul de nos 30 amendements est retoqué et que le Président Wauquiez, en grand seigneur, nous accorde la bonté de le présenter, on est content. On sait qu’on gagne 1H30 de temps de parole sur les deux jours d’Assemblée et l’espoir  infime de faire passer des propositions qui viendront influer sur les politiques régionales.

 

Mais voilà M. Wauquiez a autre chose à faire et n’avait voulu dédier qu’une journée et demi à cette assemblée (campagne pour la Présidence des Républicains oblige). Nous y passerons en tout 23H, avec un Président souvent absent, méprisant à l’égard du débat démocratique, ne cessant de nous rappeler les faveurs qu’il nous aurait soi-disant faites, en nous laissant présenter nos amendements, en nous reprochant le temps de parole que nous prenions légitimement pour présenter nos propositions. M. Wauquiez a juste oublié que la Région ne se préside pas en fonction  de son emploi du temps et de ses ambitions personnelles, mais avec des règles démocratiques valables pour tous.. A n’en pas douter il se comportera avec les Républicains comme avec les élus du peuple et fera passer ses intérêts personnels avant l’intérêt général. Le refus ou l’accord sur un amendement proposé par un élu de l’opposition ne dépend que de son bon vouloir. La plupart sont balayés avec la même sentence «nous vous proposons de passer au vote avec un avis négatif de l’exécutif » ; et ce surtout quand Laurent Wauquiez confie la Présidence de l’Assemblée à Etienne Blanc, son premier Vice-Président.  Aucun des membres de l’exécutif, à part lui, ne prend le risque en son absence d’accepter un amendement de l’opposition. Et quand le Seigneur du Puy revient à la tribune, il s’accorde même le droit de tacler son exécutif. C’est Annabelle André-Laurent, répondant par la négative à une proposition d’amendement budgétaire en faveur de l’hôtellerie familiale, qui fera les frais de ses premiers pas à la tribune.  Wauquiez en décide autrement et accorde une ligne budgétaire à cette proposition du PRG.

 

En coulisses, les tractations entre amis vont bon train. A la suite de la création d’un groupe d’opposition regroupant 5 conseillers régionaux La République En Marche, le Centre décide de réunir ces deux groupes politiques  et y parvient péniblement à 23H58; Les démocrates est le nouveau nom du groupe des Modem et de l’UDI. Laurent Wauquiez bien évidemment suit de près les négociations pour garantir sa majorité à la Région.  Bref, des tractations politiciennes qui troublent un temps fort du Conseil Régional et occultent la présence de Wauquiez à la tribune pour un débat démocratique.

 

 

 

Notre budget pauvre en carbone mais intense en emplois et en bien-vivre

Le FN aura été avare en propositions pour cette session : pas un amendement déposé sur le projet de budget. Christophe Boudot, le Président de leur groupe, justifiera ce choix par le manque de temps. C’est vrai que les délais sont courts, mais qu’on se le dise, les conseillers régionaux FN débauchent soirs et week-ends et préfèrent critiquer les 180 Amendements budgétaires plutôt que de mettre sur la table leurs propositions (c’est plus facile !); à compter de 1 mn par amendement ce sont eux qui monopolisent le temps de parole dans l’Assemblée et je vous invite à regarder les videos car les arguments sont de haut vol : « à compétences égales, laissons la courtoisie aux hommes de travailler à la place des femmes », « on a pas besoin de chouchouter les agriculteurs », « carpe diem avec le changement climatique, il ne faut pas s’affoler».  Une petite dernière pour vous mettre en bouche que l’on doit à Emmanuel Ferrand , conseiller délégué LR aux fonds européens agricoles  « On a besoin du glyphosate, on ne peut pas faire autrement, il ne faut pas l’interdire ! ». A n’en pas douter, ce n’est pas lui qui l’épand sur son exploitation.

 

Face à ces furieux réactionnaires, nous étions plutôt fiers de porter nos propositions. Et comme la perspective d’un AA Standard & Poors ne nous fait pas rêver et n’a pas prouvé ses bienfaits sur l’emploi et le bien-vivre, nous avions décidé de vous proposer un budget AAA sur trois autres indicateurs : empreinte écologique, indice de développement humain et indice de santé sociale.   Nos propositions étaient centrées sur les besoin essentiels des auralpins : se former, se soigner, avoir un emploi, préserver l’environnement…  Vous les retrouverez dans notre dossier de presse mais je ne résiste pas à l’idée de vous livrer mes favorites, ou plutôt les plus emblématiques: 

-       Accélérer la rénovation énergétique et la construction de bâtiments à énergie positive,

-       Recréer en Auvergne Rhône-Alpes une forêt primaire, réservoir indispensable à la biodiversité,

-       Désengorger les vallées alpines des camions de marchandises en organisant dès maintenant le report sur les lignes ferroviaires  existantes,

-       Développer la fréquence et la fiabilité de la ligne St-Etienne-Lyon,

-       Mettre en place une zone de confinement dans les lycées autour des sites nucléaires en cas d’accident,

-       Permettre aux paysans de prendre du repos, 

-       Mettre en place des contrats « montagne en transition » avec des communes de montagne qui diversifient leurs activités,

-       Lancer un plan de rénovation des quartiers politique de la ville afin d’améliorer les conditions de vie et créer de l’emploi non délocalisable,

-       Soutenir et accompagner les chômeurs, en particulier les jeunes dans leurs formations aux métiers de demain, 

-       Consacrer 0,7% du PIB régional à l’aide publique au développement afin de contribuer à la lutte contre les crises climatique, économique et politique qui traversent la planète. etc …. etc …

 

 

Laurent Wauquiez n’en retiendra aucun, ou tout du moins pas sur le budget.

 

 

Train de fanfaronnades et mauvais points sur le comportement

 

Nos paroles seront entendues sur la convention TER. Quand il s’agit de faire des économies, on nous écoute un peu plus. En grand expert du transport ferroviaire, J-Charles Kholhass propose l’amendement qui fait mouche. Si la SNCF baisse la présence humaine dans les trains et dans les gares, la région baissera sa contribution financière ; « avec un avis favorable de l’éxécutif ». La convention TER ne suffira pas à nous convaincre et nous préférons nous abstenir. Laurent Wauquiez s’enorgueillit d’une convention TER qui remet en question la garantie de recettes pour SNCF, impose des pénalités qui la contraignent à une meilleure qualité de service. Mais comme le diable se cache dans les détails, les pénalités pourraient bien inciter  l’entreprise publique à supprimer des trains au profit des autocars ; un moyen bien malin pour retrouver de la rentabilité à bon compte.

 

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Nous avons des doutes sur le maintien des petites lignes et aucune perspective quant au développement de nouvelles lignes. Alors M. Wauquiez, nous vous invitons à un peu plus d’humilité. C’est un des points que nous avons pointé du doigt à travers notre drôle de bulletin de notes.  Depuis deux jours, notre bulletin fait le buzz dans la presse : plus de 50000 vues sur la toile.

Nous aurions pu aussi décerner des mauvais points à d’autres Conseillers Régionaux. L’Assemblée Régionale se termine traditionnellement par la Commission Permanente. Certains élus qui en sont membres ont signé la feuille de présence (pour toucher leurs indemnités d’élus) et sont partis. Résultats : au moment des votes, la majorité se retrouvait en minorité. Interruption de séance, rappel des mauvais élèves et fin de séance à 20H. Allez ! après l’affaire Fillon,  encore un petit effort les LR pour réconcilier les français avec la politique !

 


01/12/2017
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Petite lecture commentée du Guide sur la Qualité de l'Air à Annecy

Cette semaine, j’ai reçu, comme tous les annéciens dans ma boîte aux lettres Le Guide de la Qualité de l’Air. Je vous en propose une lecture commentée et quelques propositions à l’égard de nos élus signataires J-Luc Rigaut et Thierry Billet qui, en dehors de leur devoir d’information ne s’engagent pas à grand chose.

 

qualite de l'air.jpghttps://www.grandannecy.fr/france/DT1425305672/page/Qualite-de-l-air-dans-l-agglo--c-est-l-affaire-de-tous-.html/portail-france

 

Qualité de l’air ; tous concernés !

Vous ne le saviez peut-être pas mais les phénomènes naturels polluent : Les feux de forêt qui se déclenchent tout seuls, et puis vous allez rire, très courant à Annecy, les éruptions volcaniques ! On est peu de chose ma bonne dame, face aux éléments ! Alors tous pollueurs, soit! Tous concernés, mais certains plus que d’autres ; les 5000 personnes* qui vivent au bord des grands axes routiers sont, elles,  beaucoup plus exposées que celles qui résident sur les rives du Lac ou dans les montagnes. Encore un coup de canif à notre belle devise républicaine  sur l’Egalité !

 

Des chiffres incohérents, des effets sur la santé minimisés!

Et là, on nous explique que la pollution diminue ; merveilleux ! Pourquoi alors nous inquiéter de la pollution. Mais les mesures prennent –elles en compte des mesures réelles de pollution ou les évolutions des normes des véhicules? Depuis le Diesel Gate, on sait que les mesures sont fausses. Quels que soient les constructeurs les ratio entre les normes et les mesures réelles d’émissions des moteurs des voitures sont de 11 à 17 fois supérieurs!

 

Autre trouble à la lecture du document, ce sont les chiffres en page 7 du document. 49% des émissions de particules fines sont liées au chauffage individuel au bois. Et les immeubles chauffés au gaz de ville, au fuel, ceux là ne polluent pas? Après avoir troqué une chaufferie urbaine au gaz pour une chaufferie bois, on se rend compte des limites de cette énergie sur la qualité de l’air. La pilule va être difficile à avaler.  Mais montrer du doigt uniquement ceux qui se chauffent au bois dans ce document est pour le moins tordu et manipulateur. Ce sont les énergies fossiles qui sont responsables du changement climatique et des pollutions atmosphériques liées au transport. Si sur ce point, la ville se donnait les moyens d’une véritable transition,  les annéciens pourraient continuer à se chauffer au bois comme ils le font depuis des milliers d’années (tout en visant la sobriété et l’efficacité énergétique par l’isolation thermique).

 

Alors un document dont le fond est imprécis et la forme trompeuse  On peut le dire à en juger par la mise en avant des effets sur la santé de la pollution atmosphérique : picotements des yeux,  de la gorge, éternuements, toux ; POUR LES ALLERGIES, LES MALADIES RESPIRATOIRES, CARDIAQUES, NEURODEGENERATIVES, INFERTILITE, FAUSSES COUCHES, CANCERS, ETC. .. il faudra mettre vos lunettes ! (j’ai choisi de rétablir une typographie en phase avec les enjeux de santé publique dans mon blog). Le Monde titrait hier encore sur les 500000 morts par an liées à la pollution de l’air  en Europe. Sur le bassin annécien, ce sont 70 décès qui pourraient être évités chaque année.

 

Sur le transport, le bât blesse !

Alors bien sûr le guide a beau jeu de nous rappeler les bienfaits du covoiturage  pour faire face à la pollution de fond. Mais comment faire quand vous habitez Faverges et être sûr de rentrer si la personne qui vous a conduit le matin doit récupérer prématurément un enfant malade à l’école? Comment faire si vous vous arrêtez à votre course de danse sur  le chemin du retour? C’est le premier frein au covoiturage et les villes qui ont réussi à le développer ont mis en place une garantie de retour. Dans les faits, elle est très rarement utilisée car elle suffit à augmenter le flot de covoitureurs et permet grâce aux applications numériques ad hoc de trouver plus facilement quelqu’un qui vous ramènera à bon port.

 

 

« Privilégier les transports en commun, c’est plus de temps pour lire ou se reposer » lit-on dans le guide. Ca, c’est vrai.  Quelques exemples :

-      Epagny – Parc des Glaisins à 8H15 le matin 1H12 ; vous avez le temps d’attaquer à la Recherche du Temps Perdu.

-      Mairie de Seynod – Campus universitaire à la même heure, comptez 40mn serrés comme des sardines, au dire des étudiants ;

-      Parc Altais _ Gare de Pringy –  à 17H comptez 1H;  et je ne vais pas multiplier les temps de parcours les soirs et le week-end, y compris sur des plus petites distances en centre ville.

 

Louer un vélo ? Banco ! Qui parmi les 9000 personnes qui étudient ou travaillent sur le Campus Universitaire ou au Parc des Glaisins sont prêts à gravir tous les jours la côte d’Annecy le Vieux ? Sans vélo électrique, que nenni. Or cette offre est limitée et le prix est 3 X supérieure à un abonnement de bus à Annecy.

La ville a choisi de consacrer des fonds publics à une campagne de communication qui me fait rugir dès que je sors mon vélo « Le code de la route, c’est aussi pour les vélos » ; belle campagne qui laisse à penser que les vélos sont responsables des accidents de la route ; dans les faits, ce sont eux qui en sont les victimes. Se faire frôler par une voiture, manquer de se faire renverser, refus de priorité : avoir peur à vélo, c’est quasi systématique quand on est cycliste et qu’on roule à Annecy ; sans compter les insultes et autres incivilités. L’insécurité est un des principaux freins à la pratique du vélo en Ville. Strasbourg l’a bien compris. 15% des déplacements se font à vélo mais la communauté  urbaine de Strasbourg compte 560 km de pistes cyclables. Le résultat est encore plus encourageant à Copenhague (55%), Amsterdam (44%) indépendamment d’un climat froid et pluvieux.  Mais là encore d’autres éléments de politiques publiques viennent inciter à la mobilité douce : réduction de la vitesse en ville, campagne de valorisation du vélo, couplage avec des politiques de transport en commun. Là encore, tous ces éléments font défaut à Annecy. La seule réponse ce sont les 432 millions d’euros consacrés à de nouvelles infrastructures routières. A l’instar du Tunnel sous Semnoz qui ne devrait pas ouvrir avant 2028 et qui sera très rapidement bouché,  sous l’effet d’une démographie galopante (Grand Annecy comptera 30000 logements supplémentaires d’ici 2030).

 

Alors soit, les écogestes, c’est bien; les politiques publiques volontaristes, c’est encore bien! Messieurs Rigaut et Billet, ne vous dédouanez pas de vos responsabilités dans la lutte pour la pollution.

 

 

 

 *source ATMO – nb des personnes exposées au dioxyde d’azote le long des axes routiers. 

22/10/2017
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Coup de gueule sur l'agriculture urbaine et autres effets d'annonce sur la qualité de l'air

Voilà, c’était ce week-end  au forum de la Transition Citoyenne. Séverine Morin informait  les visiteurs de la mort annoncée de son projet de Ferme Urbaine à Annecy. Petites manigances pour un projet dans les tuyaux depuis 3 ans, qui nous laisse peu d’espoirs quant à la capacité des élus locaux à faire évoluer notre modèle de territoire. Que ce soit pour l’agriculture urbaine ou pour l’obstination quasi obsessionnelle au développement des infrastructures routières, nos élus  locaux sont formatés avec un logiciel du 20ème siècle. Adieu le vieux monde et bienvenue à des projets de territoire au service de la vie et à une économie respectueuse de son capital naturel.

 

 

Alors que la Haute-Savoie se dessaisit chaque jour de ses terres agricoles et que l’agriculture maraichère de proximité peine à émerger, la Mairie d’Annecy est en train de faire machine arrière sur le Projet de Ferme Urbaine. Le bail emphytéotique de 18 ans pour la mise à disposition des bâtiments et des terrains est en train de se transformer en bail  précaire de 4 ans et ne permet pas d’envisager un vrai projet d’agriculture urbaine.

Feu les objectifs d’innovation environnementale et de développement de la permaculture sur le territoire, feu l’idée de développer des cultures maraîchères en pleine ville, pas assez rentable paraît-il.

En matière de non rentabilité, la ville d’Annecy est pourtant  coutumière de projets pharaoniques qui risquent d’endetter la ville pour des décennies ; à l’instar du Palais des Congrès, pour lequel elle met tous ces appuis politiques dans la balance pour infléchir l’avis des juges sur la non déclaration d’utilité publique du projet.

Ce projet de ferme urbaine est pourtant l’occasion d’initier une démarche nouvelle en matière d’alimentation : à l’heure où de plus en plus de consommacteurs reprennent en main leur alimentation, les fermes urbaines sont aussi l’occasion de  limiter les trafics de camions qui engorgent nos routes et détruisent la qualité de l’air.  

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Séverine Morin sur le stand du projet de Ferme Urbaine le 23 septembre au Forum des Alternatives 

La qualité de l’air dans les titres de journaux mais pas dans les faits

 

Et justement là aussi le bas blesse. Au département comme à la Ville, tout le monde s’agite à l’idée d’une possible venue de Nicolas Hulot. Viendra-t-il, viendra-t-il pas ? En tout cas, il serait de bon temps de s’afficher sur la photo à ces côtés , preuve s’il en est de votre intérêt pour la qualité de l’air ; mais non Monsieur Monteil il ne suffit pas de le dire à la presse ; il faut le faire. Or vos projets d’infrastructures routières ne permettent en rien de résoudre les problèmes de qualité de l’air ; non seulement, ils les aggravent, mais en plus ils accélèrent l’encombrement des routes. Or vous ne renoncez  en rien au Tunnel sous Semnoz, au désenclavement du Chablais. La vraie question est de savoir comment les annéciens et les hauts-savoyards se déplaceront en 2030, puisque ce sont a peu de choses prêt les échéances auxquelles seront mises en service ces équipements. En 2030, l’Inde aura arrêté la commercialisation des moteurs thermiques et nous serons 10000 personnes de plus, rien que sur le bassin annécien. Peut-être aurions nous intérêt à repenser collectivement l’organisation de notre bassin de vie : comment créer des emplois au bout du Lac et éviter des déplacements pendulaires aux habitants de Faverges ou de Doussard ? Comment limiter les transports de marchandises grâce au développement des circuits courts et de l’économie circulaire ? Comment développer un service de transports en commun régulier et compétitif entre Annecy et Genève pour le déplacement des frontaliers ? Comment améliorer la sécurisation des cyclistes en ville et offrir des services de transports adaptés à de courtes distances, comment relocaliser le commerce de proximité pour éviter l’étalement urbain associé au développement des centres commerciaux en périphérie ? Vous esquivez toutes ces questions alors que les solutions sont là, expérimentées ici et ailleurs.  De nombreux artisans de cette transition étaient là ce week-end au Forum des Initiatives Citoyennes. Partout les réseaux de transports par tramway se développent dans les villes de plus de 200000 habitants, Pontevedra en Espagne est la première ville sans voiture et la pollution de l’air a chuté de 65% ; toutes les grandes villes se saisissent de la question de l’agriculture urbaine et Annecy abandonne ses terres agricoles à d’autres projets fumeux (le projet de ferme urbaine laissera-t-il la place à un stade hippique au bénéfice de quelques uns ? C’est une perspective à laquelle je serai attentive.).

Bref, il ne faudrait pas casser la branche sur laquelle nous sommes assis, préserver notre exceptionnel cadre de vie, s’il le faut, au détriment d’une croissance exponentielle qui nous asphyxie et  profite aux plus privilégiés d’entre nous. Nous avons bien compris Messieurs les élus que ce projet  là n’était pas le vôtre et que les citoyens devaient se mobiliser pour ça.  L’heure de la retraite va peut-être bientôt sonner pour vous. 


26/09/2017
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Annecy: un plan de déplacements urbains qui aura du mal à tenir ses promesses

Le plan de déplacements urbains du grand Annecy va enfin déployer des axes structurants pour de la multi-modalité ; en d’autres termes, de nouvelles voies seront créées pour déployer les transports en communs et le vélo dans l’agglo. Bravo ! On ne peut que se réjouir de cette avancée. Mais le changement pour passer de l’intention à la réalisation est encore long et il faudra du courage et évaluer les politiques publiques à l’aune d’autres indicateurs, pour orienter l’évolution des comportements et l’utilisation des finances publiques à bon escient.

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Le futur plan de déplacements urbains du Grand Annecy se fixe pour objectifs de garantir la qualité de l’air, de répondre aux exigences de mobilités liées au développement économique et démographique, de mettre en œuvre les conditions d’un changement de pratiques de mobilités et de garantir les objectifs fixés par la Loi de Transition Energétique. Parmi les avancées majeures, la mise en place d’un deuxième pôle multi-modal à Pringy pour rallier le PAE des Glaisins et le centre ville.

 

Guider l’action des acteurs économiques vers des changements de comportements.

Mais que deviennent nos projets routiers, Tunnel sous Semnoz en tête devant ce beau projet ? Telle est la question ? Car l’argent public devra bien être consacré à d’autres actions pour réussir les objectifs fixés par le plan : un réseau de transports en commun qui devra être multiplié par deux, un réseau de voies cyclables multiplié par trois, …  « C’est là que le bas blesse ; quand on parle budget, les réticences commencent à se faire jour », nous confie un élu. D’un côté, nous sommes dans le complet refus d’une augmentation du Versement Transport et de l’autre un budget général très conservateur sur les engagements actuels. Dans ces conditions, comment ces projets peuvent-ils prospérer ?

Et les infrastructures ne sont pas le seul élément de financement.  Quand on vise 20% de véhicules en covoiturage,  1 jour de télétravail par semaine, il faudra bien guider l’action des acteurs économiques vers des changements de comportements. En charge par la Loi NOTRe de l’animation des parcs d’activités, le Grand Annecy se refuse aussi à tout financement de postes d’animations dans ces zones.

Préparer l’avenir, s’adapter à la croissance démographique, à la réduction concomitante des réserves foncières, au changement climatique, c’est le bien le rôle des élus à la décision. Mais le courage sera-t-il au rendez-vous ? Nos voisins suisses ont déjà engagé cette transition (ils sont aujourd’hui moins de 50% d’une classe d’âge à passer leur permis ; plus de 50% des déplacements pendulaires entre Genève et Lausanne sont réalisés en train, alors qu’en Haute-Savoie, le taux d’équipement en voiture est un des plus élevés en France). Auront-ils la capacité à travailler de concert avec La Région en charge des transports inter-urbains et viser l’excellence atteinte par des villes comme Grenoble en matière d’intermobilité et de partage de la voirie ? *

 

Evaluer les politiques publiques non plus seulement sur les coûts mais aussi sur la création de valeur

Vouloir protéger la population des pollutions c’est bien, mais il faut des actes en conséquence. Et pour sortir de l’éternel argument de la nécessaire maîtrise des dépenses publiques, il faudra bien évaluer les résultats au delà de la durée d’un mandat et repérer d’autres leviers de création de valeur : quelles économies en terme de santé publique ? Quelles améliorations de la performance au travail et l’absentéisme au travail? Quels résultats en terme de présence à l’école et en terme de suivi scolaire dès lors que les enfants sont moins malades ? Quels résultats en terme d’accidentologie des vélos et piétons ? Quelle évolution sur la perception de la qualité de vie à Annecy ? C’est bien cette création de valeur qu’il faudra traquer et analyser.  Cela suppose de faire évoluer les modes d’évaluation des dépenses publiques et de replacer la question monétaire à sa juste place, pour prendre les bonnes décisions et relever les nouveaux défis climatiques et la qualité de vie sur nos territoires. Nous serons là pour y veiller.

 

François ASTORG                                                                       Fabienne GREBERT

Conseiller Communautaire Grand Annecy                                 Conseillère Régionale

 

 

* http://www.placegrenet.fr/2016/12/11/palmares-mobilites-pass-dor-mobilite-transports-de-metropole/113800


12/07/2017
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