Fabienne Grebert

Fabienne Grebert

Repenser la mobilité en Auvergne Rhône-Alpes : espoirs et désillusions

Les 10 derniers jours ont été marqués pour moi par de multiples RV autour de la mobilité : élaboration du Plan de Déplacements Urbains d’Annecy, réunions de concertations du Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable des Territoires (SRADDET), Assemblée Régionale, rendez-vous avec le Président du Conseil Départemental et enfin mobilisation contre l’A45 à St-Maurice sur Dargoire. Il faudra tenir la barre pour passer de l’intention à l’action et revoir les politiques de mobilité basées sur le Tout Voiture.

 

Des notes d’espoir en faveur des mobilités douces

Le futur plan de déplacements urbains (PDU) du Grand Annecy se fixe pour objectifs de garantir la qualité de l’air, de répondre aux exigences de mobilités liés au développement économique et démographique, de mettre en œuvre les conditions d’un changement de pratiques de mobilités et de garantir les objectifs fixés par la Loi de Transition Energétique. Parmi les avancées majeures, la mise en place d’un deuxième pôle multi-modal à Pringy pour rallier le PAE des Glaisins et le centre ville.  Ce programme encourageant nous laisserait à voir des élus prêts à revoir les politiques de mobilité . Même son de cloche lors des RV de concertation organisés par la Région Auvergne Rhône-Alpes où les élus et représentants des collectivités présentes ont manifesté leurs attentes pour renforcer la capacité des infrastructures ferroviaires, renforcer l’usage multimodal des réseaux routiers et développer les mobilités douces, notamment par l’utilisation du numérique.

Peut-être commencent-ils à prendre en compte les attentes de la population qui s’est manifesté tout l’hiver dans la Vallée de l’Arve, où le week-end dernier contre l’A45 à St-Maurice sur Dargoire. Le Rassemblement des élus citoyens écologistes et solidaires y était largement représenté.

 

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 de gauche à droite: Andrea Kotarac - Monique Cosson - Fabienne Grebert - Myriam Laidouni-Denis - J-Charles Kohlhass

Des politiques publiques encore dictées par la suprématie de la voiture

« Mais quand on parle de financement, c’est là que ça coince », me glissait à  l’oreille un représentant de l’exécutif du Grand Annecy. Les élus sont bien plus prompts à trouver des financements pour de l’investissement que pour du fonctionnement ; à l’instar de Christian Monteil, Président du Conseil Départemental de Haute-Savoie, qui n’envisage pas une seconde d’abandonner le Tunnel sous Semnoz, qui sous prétexte de fluidification du trafic ne sera en fait qu’un aspirateur à voitures; pas plus que la liaison entre Thonon et Machilly, pour laquelle on pourrait au moins imaginer une voie dédiée à un Bus à Haut Niveau de Service (BHSN). Pourquoi s’évertuer à financer du béton et du bitume, alors qu’il faudra bien animer les territoires pour faire évoluer les comportements. 20% des véhicules en co-voiturage , 20000 véhicules évités par 1 journée par semaine en télétravail, 20000 pratiquants en écoconduite, telles sont les objectifs du PDU d’Annecy à horizon 2030 ; il faudra bien dédier des budgets de fonctionnement pour animer cette conduite du changement. Mais nos élus sont encore bien trop rivés sur le développement de la voiture individuelle, à l’instar de Laurent Wauquiez qui nous présenterait la semaine dernière un rapport sur le développement des véloroutes, mais en axant uniquement ce dispositif sur le tourisme et en oubliant les opportunités offertes pour la mobilité au quotidien. 

Il en sera de même pour le plan Mobilité Propre qui , même s’il apporte des avancées intéressantes en matière de mobilités alternatives (GNV, Hydrogène, électrique), ne dit pas un mot sur le développement des transports en commun inter-urbains, alors que c’est maintenant le domaine de compétences des Régions.

 

Et pourtant les solutions sont là

En Ile de France, le RER A transporte 1 million de personnes chaque jour avec des trains toutes les 8 minutes ; pourquoi s’évertuer à maintenir seulement 4 trains par heure entre Lyon et St-Etienne ? Le ruineux projet d’A45 coûtera 1,2 milliard d’€ aux collectivités et aux citoyens, auxquels il faut rajouter des centaines de millions pour les raccordements, sans compter les coûts indirects liés à la pollution ou à la pression foncière à laquelle font face les agriculteurs et les habitants. Contrairement aux idées reçues, ce projet affaiblira l’économie stéphanoise, comme toutes les autoroutes construites dans le monde entre deux agglomérations proches, qui renforcent toujours la plus grosse. Commençons par consacrer l’argent public aux développement d‘emplois de proximité, avant d’envoyer les stéphanois bosser ailleurs. Avec tant d’argent, on peut aussi développer des lignes ferroviaires ; et commencer par ne pas en fermer. La semaine dernière a été marquée par un vœu soumis au vote du Conseil Départemental de l’Isère qui pourrait signé l’arrêt de la ligne ferroviaire Grenoble-Veynes. Un autre mode de transport extrêmement économique c’est le Vélo. Mais Laurent Wauquiez préfère railler les autoroutes cyclables grenobloises,  qui sécurisent les cyclistes et qui sont un formidable levier pour développer le cyclisme dans les agglomérations. Ce n’est malheureusement pas sur ce sujet que Laurent Wauquiez mettra la Région en tête de peloton. 



03/07/2017
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