Fabienne Grebert

Fabienne Grebert

Besoin d'une vision politique pour une société inclusive et une économie circulaire

Première oblige ! J’avais décidé hier de participer  au Salon des Solutions de l’Economie Circulaire en Pays de Savoie (en dépit des commissions qui pouvaient me conduire à la Région) ; ce salon se voulait être le reflet de toutes les initiatives locales, citoyennes, entrepreunariales qui sont engagées pour faire évoluer nos pratiques de consommations et  susciter le déploiement de nouveaux modèles économiques. Cet événement m’a semblé être le reflet des aspirations de la société : plus de coopération, repenser la performance économique à l’aune de la création de valeur et de l’économie de proximité.

 

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Un foisonnement d’initiatives

 

Ce Salon était enthousiasmant, à l'image de tous ces faiseurs de nouvelles activités. On y rencontrait une coiffeuse qui voulait vanter les propriétés du cheveu qui pourrait servir à d'autres usages une fois coupé, un épicier vrac, une start-up qui lance une marque de chaussures éco-conçue et made in France,  des consultants, des designers, des organismes institutionnels, des collectivités territoriales , des étudiants qui viennent piocher des stages ou des idées pour leur mémoire, des universités qui se prennent à imaginer des formations couplant ingénieurs et marketeurs pour rendre plus attractifs des produits éco-conçus. Il y avait aussi tous les professionnels du recyclage, ceux qui collectent les panneaux de placôpatre pour réintroduire ce composant dans le processus de fabrication de l’usine de Chambéry ; des enseignants chercheurs qui travaillent sur des catamarans pour  collecter et produite leur carburant, avec les plastiques qui flottent en mer ou encore ceux qui étudient les bénéfices sociaux de l’économie circulaire. Seuls manquaient à l’appel des représentants de l’exécutif régional, ceux qui vont avoir en charge la mise en place d’un plan régional de prévention et de gestion des déchets (PRPGD) . Cette absence en dit long sur la capacité de notre exécutif à incarner cette nouvelle économie au delà d’enjeux techniques.

 

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Une absence de vision politique

Une cinquantaine de participants étaient inscrits à la bourse aux ressources que j’avais le plaisir de co-animer. Les entreprises participantes n’ont pas eu de mal à trouver des synergies (de la pâte à pain à destination de  la nourriture animale, des piquets pour des clôtures de jardin, des chutes de tissus pour une entreprise d’insertion…). Mais pour faire vivre ces synergies, il faudra animer les collectifs, avant de penser investissement. Nous attendons toujours une vision que nous n’avons ni trouvé dans le Schéma Régional de Développement Economique et d’Innovation, ni dans les premières rencontres liées à l’élaboration de PRPGD. Alors Consorts Wauquiez et Saddier diront que les entreprises ne réclament rien sur ce sujet. Pour ma part, il me semble que le rôle du Politique est d’anticiper les besoins de société et de susciter le changement. Celui qui nous pend au nez, c’est de découpler croissance et utilisation des ressources.

 

Un taux de croissance annuel de …

Enclenche de temps de doublement des ressources utilisées en ….

1%

69,7 ans

2%

35 ans

3,65%

19,3 ans

5,70%

12,5 ans

9%

8 ans

 

 

A ne pas tenir compte de ce tableau excel de base, c’est la disponibilité des matières avec son cortège de ruptures d’approvisionnements, de flambée des prix et d’une compétitivité des entreprises mises à mal.  Alors, on peut bien flatter l’électeur à court terme, mais c’est à moyen terme que la politique délétère de la Région se fera sentir.

Bien sûr, il faudra bien massifier les gisements de déchets, créér des outils industriels pour le tri et pour rentabiliser  de nouvelles filières. Mais parallèlement au recyclage, il s’agit bien de transformer les modèles de consommation et susciter l’utilisation du vrac, diminuer l’usage de nos ressources en remplaçant l’usage par la possession, en suscitant la création et la mutualisation de services, le partage, la location, l’échange ; bref des mots qui peuvent être associés à des modèles capitalistes  (AirBnB, Uber, …) aussi peu vertueux que d’autres multinationales conventionnelles. Mais hier, il était bien question d’économie réelle, de création d’emplois sur le territoire, de monnaies locales, d’innovation, d’économie sociale et solaire, autant de thèmes que je continuerai à porter haut et fort tout au long de mon mandat pour dessiner ici et maintenant les contours d’une société plus juste, plus inventive, plus inclusive et plus heureuse. 



12/05/2017
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