Fabienne Grebert

Fabienne Grebert

SCANDALE CHEZ SAMSUNG : LEURS SALARIES ATTENDENT LE SOUTIEN DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Vendredi 16 décembre, le groupe des élus du Rassemblement Citoyens Ecologistes et solidaires a répondu à l’appel d’une délégation de syndicalistes coréens de SGS (syndicat général du groupe Samsung).  Ces travailleurs dédient leur vie à la reconnaissance des Droits de l'Homme et des Droits Fondamentaux du Travail chez Samsung et dans leurs filiales. Ils nous ont livré un récit accablant sur leurs conditions de travail et les pressions qu'ils subissent. Ils ont décidé d'une tournée en Europe pour faire appel à la solidarité internationale et rappeler le gouvernement coréen à la protection des travailleurs du conglomérat corrupteur.

 

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Les représentants du Syndicat Général de Samsung avec les élus du  groupe RCES  Andrea Kotarac, Myriam Laidouni-Denis, Emilie Marche, Corinne Morel-Darleux et moi-même.

Les conditions de travail ineffables pour fabriquer nos appareils électroniques

J-Luc Mélenchon rappelait dans son dernier meeting à Chambéry: « Quand les produits ne sont pas chers, il y a des gens qui souffrent sur les chaînes de production ». Chez Samsung, cher ou pas cher, les gens souffrent et meurent. Cette femme en face de moi à table m’a livré un récit poignant. Samsung lui avait demandé d’installer chez elle un poste de soudure au nickel. Quelques mois plus tard, sa sœur et elle contractaient une leucémie. Sa sœur n’y survivra pas, ni sa mère rongée par le stress et le chagrin. En dépit de toute règle élémentaire de santé et de sécurité au travail, Samsung refuse d'informer les salariés sur  les produits chimiques toxiques (benzène, acides, …) qu’elle utilise pour la fabrication des objets électroniques et sur les mesures de précaution à prendre. Ces produits provoquent chez ceux qui les manipulent des leucémies que l'entreprise coréenne refuse de reconnaître comme maladie professionnelle. Une centaine d’anciens salariés de Samsung sont  morts, dont certains très jeunes vers l’âge de 30 ans. Les femmes sont victimes de fausses couches à répétition, voire de stérilité.  

Si, en France,  la droite ultralibérale verrait bien la privatisation de la sécurité sociale comme un mal nécessaire, il suffit de rencontrer ceux qui n’en disposent pas pour se convaincre de son caractère intangible.  Les travailleurs coréens ne peuvent subvenir aux coûts de traitement de leur maladie, faute d’une reconnaissance par Samsung du caractère professionnel de la leucémie.

 

Samsung coupable de violations des droits de l’homme ; le gouvernement coréen complice?

Malgré la reconnaissance dans la constitution coréenne du droit de se syndiquer, Samsung se considère au dessus des lois et refuse ce droit à ses salariés. Ceux qui tentent de braver l'interdit sont mis sur écoute, peuvent faire l'objet d'enlèvement arbitraire, voire de sanctions pénales avec la complicité de la justice ; à l'instar de ce salarié rencontré vendredi dernier et qui a été condamné à 3 ans et demi de prison pour diffamation. Les manifestations et les revendications auprès du gouvernement n’y font rien. Les agents de sécurité Samsung et les forces de l'ordre dissuadent les contestataires de toute action militante. Une représentante de la délégation  a été passée à tabac alors qu’elle manifestait devant le siège de l’entreprise il y a trois semaines. Trois femmes sont en grève de la faim et leur vie est aujourd'hui menacée. Elles entendent protester après que Samsung les ait expulsé, sans préavis et sans indemnisation, de leur habitation pour construire de nouveaux locaux. La corruption règne aux plus haut niveau de l’Etat, et le gouvernement peine à remettre en question la puissance du conglomérat, sous le contrôle de la famille Lee.

 

Des pratiques d’affaires qui minent les sous-traitants de Samsung

Un dirigeant d’entreprise s’est invité dans la délégation. Il entend témoigner sur les conditions d'achat abusives et les contrats léonins imposés par Samsung, qui les conduisent à la faillite. Le dirigeant coréen a été obligé de fermer 3 usines, une en Chine et deux en Corée, privant des centaines de salariés de leur emploi. Pour lui, c’est une entrave majeure à l’innovation. Samsung impose à ses sous-traitants des programmes de recherche qu’elle ne finance pas et rejette sur eux la responsabilité des défaillances éventuelles. De là à faire le lien entre les explosions récentes du Galaxy S7 et les conditions de travail imposées au sous-traitants, il n’y a qu’un pas.

 

Un espoir de changement grâce à la solidarité internationale 

« Sans changer Samsung, nous ne ferons pas changer la société coréenne », nous exprimait un membre de la délégation, dénonçant le caractère hégémonique du conglomérat. Engagés depuis des décennies dans ce combat, les représentants des travailleurs ont décidé de porter leur message à l’international et d’obtenir un soutien des élus pour faire pression sur le gouvernement coréen.

A la veille de Noël, c’est aussi auprès des consommateurs que s’adressent leur message.  A nous d’exercer notre pouvoir d’achat et d’exiger de la part des distributeurs des garanties sur les conditions sociales de fabrication de nos objets. Faute de quoi, nous pouvons aussi acheter des produits reconditionnés et réparés.

Le Rassemblement des élus citoyens, écologistes et solidaires va, de son côté, transmettre deux courriers, l’un au Président de la République, l’autre à l’ambassadeur de Corée du Sud en France, pour qu’ils obtiennent du gouvernement sud coréen le respect du droit syndical chez Samsung et la reconnaissance de la leucémie comme maladie professionnelle.

 



23/12/2016
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